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Discours du 12 mai 2025

Robert Le Bourgeois · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°187

Le sort réservé aux morts et aux mourants est toujours le miroir de notre vie en société, et force est d’admettre que nous avons failli, depuis trop d’années, à accompagner chaque personne, notamment les personnes en fin de vie.La question que nous posent ce texte et celui sur l’aide à mourir, c’est au fond celle de la société que nous voulons ériger et transmettre. Serons-nous, pour les générations futures, la société qui aura sacrifié le soin, l’accompagnement, l’attention aux plus vulnérables, au profit d’une liberté individuelle, synonyme de déresponsabilisation par rapport au monde et à autrui ?Je sais combien ces questions recouvrent des situations infiniment délicates et complexes ; je sais combien la peur de la mort, du corps qui faiblit ou de la dépendance peut animer cette volonté de se retirer définitivement ; mais je sais tout aussi bien que l’accompagnement des plus fragiles et le développement des soins palliatifs sont la plus grande réponse que peut apporter notre société, la réponse d’un pays qui ne capitule pas face au manque de moyens criants dont souffre notre système de santé, d’un pays qui ne renonce pas à soigner ni à accompagner jusqu’au bout les plus vulnérables d’entre nous, d’un pays qui ne justifie pas une telle rupture anthropologique par des arguments budgétaires ou économiques, degré ultime du cynisme.Je tiens à dire mon soutien aux soignants, singulièrement à ceux qui travaillent en soins palliatifs, majoritairement opposés à l’euthanasie. Les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur métier auraient pu les pousser à voir dans l’euthanasie une solution à une partie de leurs problèmes. Il n’en est absolument rien : leur détermination à soigner et à accompagner jusqu’au bout devrait nous convaincre de faire des soins palliatifs plutôt que de l’euthanasie la véritable solution.J’en terminerai par ces mots de la philosophe Simone Weil : « Il y a une obligation envers tout être humain du seul fait qu’il est un être humain, sans qu’aucune condition ait à intervenir, et quand même lui n’en reconnaîtrait aucune. » (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).