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Discours du 12 mai 2026

Roland Lescure · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°230

Madame la députée, bienvenue à l’Assemblée nationale. J’en profite pour saluer votre prédécesseur, Jérôme Nury, désormais maire. La question que vous posez est essentielle. Face à un choc extérieur qui nous affecte tous, quelle doit être la stratégie prioritaire du gouvernement ? Je suis d’accord avec vous sur le fait que nous devons aider celles et ceux qui travaillent, notamment celles et ceux qui utilisent leur voiture pour travailler ou pour se rendre sur leur lieu de travail. C’est le choix que nous avons fait depuis le début, à travers les aides ciblées que vous avez citées et qui sont amenées à évoluer en fonction de la situation.Vous nous interrogez sur la politique de transparence que nous souhaitons suivre. S’agissant des recettes, le premier ministre nous a demandé d’être parfaitement transparents sur tous les surplus fiscaux potentiels auxquels nous pourrions faire face. Il a communiqué tout à l’heure sur le dernier chiffre dont on dispose. Sur les mois de mars, avril et mai, les recettes fiscales liées au carburant sont inférieures de 105 millions d’euros au niveau constaté l’an dernier. Non seulement nous n’avons pas de surplus de recettes fiscales, mais nous constatons même une baisse par rapport à l’année dernière. Pourquoi ? Parce que l’effet TVA, légèrement positif, lié à l’effet prix, est largement compensé par l’effet volume. Les Français s’adaptent à cette hausse des prix en consommant et en roulant moins.Dans ce contexte, doit-on rester inactif ? Non, nous devons continuer à adapter les règles. Le premier ministre a déjà eu l’occasion de le dire : nous annoncerons, dans les jours qui viennent, l’évolution des règles pour le mois de juin. La stratégie qui est la nôtre depuis le début sera toujours la même : il faut se focaliser sur celles et ceux qui en ont le plus besoin, celles et ceux qui travaillent et qui ne doivent en aucun cas faire les frais de cette crise qui nous concerne tous.

Comment réaliserons-nous des raccordements accélérés ? En appliquant la programmation pluriannuelle de l’énergie (« Oh ! » sur les bancs du groupe RN) – vous savez, celle pour laquelle vous avez déposé une motion de censure qui heureusement n’a pas été votée, celle qui prévoit 100 milliards d’investissements dans les réseaux électriques, ce pour quoi vous nous avez critiqués en prétendant que cela ferait monter le prix de l’électricité.

Il faut bien entendu investir aussi dans l’offre électrique. Pour connecter des entreprises industrielles qui consomment de l’électricité, mieux vaut plus d’électricité que moins ! Il faut donc procéder aux investissements nécessaires.Dans cette partie de l’hémicycle, on est loin des postures idéologiques ; elles règnent dans la vôtre. Récemment, j’ai qualifié certains de vos collègues de « Don Quichotte de la transition énergétique ». Dès qu’il y a des hélices qui tournent, vous êtes contre. Mais pour augmenter l’offre d’électricité en France dans les trimestres qui viennent, il faut accélérer l’offre d’énergies alternatives, de même qu’à plus long terme il faudra – n’en déplaise à d’autres – augmenter l’offre d’énergie nucléaire.Ne votez pas contre la PPE, ne nous censurez pas ; accompagnez plutôt les investissements absolument indispensables pour que la France se projette ! La solution alternative est simple (M. Jimmy Pahun applaudit) : les hydrocarbures, qui viennent de régions du monde où vous vous sentez peut-être bien, mais dont je préférerais, moi, que nous arrêtions de dépendre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).