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Discours du 26 mai 2026

Roland Lescure · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°246

Monsieur Chenu, votre question me surprend, parce que sa réponse, c’est ce que vous refusez depuis des années. Pour faire évoluer l’industrie automobile française et européenne en direction de l’avenir, la réponse, c’est l’électrification. Vous connaissez bien le site d’Hordain ; il se trouve dans votre circonscription. Il produit des véhicules utilitaires légers – diesel, hybrides et électriques – pour Stellantis. Si le site ne produit plus que des véhicules diesel, que fera-t-il dans dix ou vingt ans ? Plus rien.Nous accompagnons comme jamais la transition vers les véhicules électriques, en particulier les véhicules utilitaires légers, notamment par le versement d’une prime qui peut atteindre jusqu’à 10 000 euros. Elle permettra d’acheter des Jumpy fabriqués à Hordain, monsieur Chenu.

Que ferait-on à Valenciennes, chez vous, où Stellantis a investi ces huit dernières années près de 300 millions d’euros ? Le site produisait jusqu’à présent des boîtes de vitesses, demain, on y assemblera des moteurs électriques.L’avenir de l’automobile est électrique. Les cinq premiers modèles de véhicules électriques vendus en France sont produits en Europe – le premier l’est en France ! Ils le sont grâce au bonus électrique financé par les fameux certificats d’économie d’énergie, que vous n’avez pas mentionnés, mais auxquels vos collègues font si souvent référence, et que vous voulez supprimer, alors qu’ils nous permettent de financer l’électrification.Regardons l’industrie telle qu’elle est. Projetons-la vers l’avenir, y compris grâce à des partenariats avec des constructeurs chinois, comme celui conclu à Rennes, que vous avez mentionné.

Stellantis gardera la majorité de l’entreprise commune…

…et fabriquera à Rennes des véhicules que personne ne produit en France ou en Europe.Pour la énième fois, vous demandez la baisse des taxes sur les carburants. La réponse est non : nous ne voulons pas baisser les impôts (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN)…

…sur des carburants qui viennent de l’étranger.Si baisse du prix du carburant il doit y avoir, ce sera… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé.)

Vous avez raison, 70 000 défaillances d’entreprise, c’est énorme, mais je préciserai d’abord qu’elles sont compensées par un niveau inédit de créations d’entreprises – on en compte 1,2 million de nouvelles.

C’est un des succès de l’économie française.

Comme vous l’avez rappelé, nous accompagnons les ménages, les entreprises, les secteurs, en suivant une seule boussole : le travail. Nous devons accompagner les entreprises qui sont en première ligne. Vous avez mentionné certains des secteurs pour lesquels nous avons déjà annoncé des aides : les transporteurs routiers, les agriculteurs, les pêcheurs, et tant d’autres. Comme cela a été annoncé la semaine dernière, nous souhaitons étendre ces dispositifs aux secteurs industriels les plus affectés – je sais que vous y êtes sensible. La chimie et la production d’engrais sont ainsi deux industries très intensives en énergie qui sont directement frappées alors qu’elles faisaient déjà face à des vents contraires.S’agissant des normes, que vous avez mentionnées, nous devons d’abord nous assurer à Bruxelles que l’on puisse alléger le fardeau. Sébastien Martin combat pour s’assurer, en ce qui concerne notamment les trajectoires carbone, que les paramètres seront modifiés afin de ne pas amplifier la crise par des normes excessives qui nous viendraient de Bruxelles.

De plus, nous souhaitons accompagner les industries à court terme, par le versement d’aides spécifiques – c’est un peu technique, mais dans le cadre des trajectoires carbone, nous pourrons accompagner les industries placées en première ligne.Je l’ai déjà dit dans ma réponse à la question précédente, mais l’électrification est essentielle pour projeter l’industrie dans l’avenir. Qu’il s’agisse de l’industrie automobile, de celle de l’acier ou des engrais, on doit pouvoir décarboner nos industries tout en les rendant compétitives. C’est le défi qui nous attend pour les prochains mois et les prochaines années. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).