Discours du 2 juin 2026
Roland Lescure · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°259
Michelin a annoncé cette décision, que je regrette, il y a quelques jours. Elle touche directement votre territoire, le Puy-de-Dôme, où Michelin a à la fois son siège et un certain nombre d’installations industrielles.Ce sont 1 500 salariés, au maximum, qui quitteront l’entreprise, d’ici un peu plus de trois ans, et il s’agira de départs volontaires. En tout cas, c’est ce qu’a annoncé l’entreprise. Il est essentiel que ces départs soient effectivement volontaires ; je souhaite que le gouvernement en soit informé et surveille la situation de très près. Je suis persuadé que le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, le fera.Michelin a annoncé l’ouverture de négociations dans les prochaines semaines, qui devraient aboutir d’ici la fin de l’année. Les départs s’étaleront ensuite sur trois ans. Le gouvernement veillera, je le répète, à ce que ces départs soient effectivement volontaires, et en aucun cas contraints.Au-delà, vous l’avez dit, cette annonce soulève la question de la concurrence internationale. S’agissant des subventions et des aides aux entreprises, je ne veux pas me défausser, mais je vous engage vraiment à regarder de près le rapport publié par l’OCDE hier, qui montre que la Chine subventionne son industrie dans des proportions incommensurables. Cela ne veut pas dire que nous devons faire des chèques en blanc, mais cela signifie que dans un monde de concurrence internationale, nous devons être très sensibles à ce fait.Certes, l’argent public est rare – la commission d’enquête sénatoriale que vous évoquez l’a encore montré ; le premier ministre nous a demandé de faire la transparence sur les aides publiques dans les prochains mois et nous le ferons. Mais n’oublions pas que si nous sommes sans doute l’un des pays qui aident le plus les entreprises, nous sommes aussi l’un de ceux qui les taxent le plus. Le débat sur le niveau des aides aux entreprises se posera ; peut-être aussi celui sur leur conditionnalité. Il faudra aussi débattre de la question du coût du travail en France, faute de quoi ce ne sont pas 10 % des effectifs de Michelin que nous verrons partir, mais sans doute une bonne partie de l’industrie. Cela a duré des décennies, nous nous sommes élevés contre cela et nous continuerons à le faire.
Tout d’abord, madame la députée, merci pour votre fidélité ! Cela fait neuf ans, vous l’avez dit, que Choose France existe et cela fait neuf ans que vous y êtes présente chaque année sans faillir pour accompagner les investisseurs internationaux qui choisissent la France. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Merci à vous, donc, et merci aux autres élus qui étaient là hier pour célébrer cette édition historique.Merci aussi pour tout ce que vous faites depuis dix ans pour accompagner ce mouvement d’industrialisation. Car celui-ci ne s’est pas fait par hasard. Si la France est aujourd’hui, pour la septième année consécutive, le pays plus attractif d’Europe (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) – n’en déplaise aux grincheux –, c’est grâce aux politiques actives qui ont été votées et mises en œuvre.
Ainsi, nous disposons d’une électricité décarbonée et peu chère ; le coût du travail a baissé ; les procédures d’installation industrielle se sont accélérées ; les industries vertes ont été accompagnées.Les plus de 90 milliards d’euros d’investissement annoncés hier consacrent une édition historique dans toutes sortes de secteurs. (Mêmes mouvements.)
Vorwerk, grande entreprise allemande qui fabrique des robots Thermomix à Châteaudun, va produire des millions de pièces supplémentaires. Dans votre département des Yvelines, où je me suis rendu dimanche, Thésée Datacenter va investir 500 millions pour que nous ayons des données souveraines et protégées en France. Avec la ministre Aurore Berger, nous avons posé vendredi la première pierre du projet d’Orano et XTC à Dunkerque. Bref, cela se développe, cela continue…
À ceux qui entament un galop d’essai dont ils pensent qu’il va les mener à la magistrature suprême, je demande de bien réfléchir à ce qu’il conviendra de faire pour que ce mouvement exceptionnel se poursuive dans les dix ans qui viennent. La souveraineté industrielle, la souveraineté énergétique, la souveraineté numérique, cela n’arrive pas par hasard, et cela crée de l’emploi. Il faut continuer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).