Discours du 15 juillet 2026
Roland Lescure · Première session extraordinaire 2026 · séance n°14
S’agissant de ce qui est arrivé à Vencorex, je partage votre déception. Contrairement à ce que vous laissez entendre, l’État était au rendez-vous ces trois dernières années pour tenter d’accompagner les projets de reprise. Le tribunal de commerce a fait un choix en s’appuyant, vous le savez, sur une analyse rigoureuse du projet auquel vous faites référence.
Malheureusement, celui-ci n’était pas viable.
Ne vous en déplaise, le rôle du tribunal de commerce est d’analyser au mieux la situation, dans l’intérêt de l’entreprise mais aussi des salariés.
Soutenir des projets qui ne sont pas viables ne rend pas service à ces derniers. Une partie de l’entreprise a été reprise ; cela ne concerne malheureusement que 54 salariés sur 450, les autres ayant été victimes de deux plans de sauvegarde de l’emploi. Aujourd’hui, ils sont accompagnés par France Travail pour retrouver un avenir. La plateforme fait l’objet de plusieurs offres de reprise pour le foncier, pas seulement d’un ferrailleur, mais aussi, entre autres, de l’entreprise Suez, que vous connaissez bien. Suis-je heureux de ce dénouement ? Non, évidemment. Pensé-je aux salariés, qu’il faut continuer à accompagner pour qu’ils retrouvent un emploi, dans un département que vous connaissez bien, où l’industrie embauche ? Oui ! Pour autant, je ne pense pas que l’on puisse régler ces problèmes à coups de baguette magique. Il faut faire feu de tout bois.
Madame la présidente Chatelain, nous nous remettons sans cesse en question, mais en prônant des solutions viables, et sans raconter n’importe quoi aux salariés qui sont victimes des PSE.
Travaillez au niveau européen pour soutenir la préférence européenne ! J’espère que vous nous accompagnerez sur cette voie. Il faut continuer à encourager l’investissement dans l’innovation et le développement de l’industrie verte.
Madame Battistel, je sais combien vous tenez au territoire dont vous êtes l’élue ; je sais aussi que vous vous tenez aux côtés des salariés. Continuons à accompagner l’industrie française qui ne connaît pas seulement des échecs, mais aussi des réussites. Apprenons des échecs et faisons mieux ! Nous n’accomplirons rien en suivant des recettes qui tiennent de la formule magique et qui risquent de créer de faux espoirs chez des salariés qui méritent mieux. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).