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Discours du 2 juin 2026

Sabine Gervais · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°260

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Le groupe Les Démocrates votera, en deuxième lecture, pour cette proposition de loi qui me tient particulièrement à cœur : en tant qu’infirmière, j’ai accompagné des familles dans ces moments où tout bascule. J’ai vu des parents s’épuiser à jongler entre les soins nécessaires à leur enfant, leur emploi, les démarches administratives, qui semblent parfois conçues pour décourager. Ce texte, je l’attends et nous l’attendons depuis longtemps.Des milliers de nouveaux cas de cancer pédiatrique chaque année, des centaines de milliers d’enfants en situation de handicap, des millions souffrant de maladies chroniques : derrière ces chiffres qui nous rappellent l’ampleur du problème, il y a des vies suspendues, des parcours fragilisés, trop de familles confrontées à ce que décrivent les associations et que les soignants voient au quotidien, c’est-à-dire un reste à charge trop élevé, des délais d’attente insupportables, une solitude administrative qui s’ajoute à la détresse humaine. Ce texte vise à apporter des réponses nécessaires, attendues, je le répète, depuis trop longtemps.Sur le plan médical, tout d’abord, nous saluons le remboursement des séances d’ergothérapie, de psychomotricité, le déplafonnement du soutien psychologique, la prise en charge des bilans neuro-psychologiques. Jusqu’ici, les familles finançaient seules ces actes essentiels à l’accompagnement des enfants ; c’est donc une avancée majeure.Sur le plan humain, ensuite, le texte porte à dix jours le congé pour l’annonce de la pathologie, protège contre le licenciement au retour du congé parental, garantit un hébergement à proximité du lieu des soins ; des mesures simples, mais qui changent tout pour une famille résidant loin de l’hôpital.Sur le plan administratif, enfin, l’avance de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) deviendra automatique passé deux mois sans réponse et la carte mobilité inclusion se simplifie. Moins de formulaires à remplir dans les moments les plus durs, cela signifie moins de soins différés.Si, en outre, ce texte me touche aussi profondément en tant qu’élue, c’est parce que ma circonscription, dans la plaine d’Aunis, fait face à une surincidence des cancers pédiatriques. Ce dossier, je le suis avec les familles, les associations, les professionnels de santé, qui tirent la sonnette d’alarme. Des enfants tombent malades ; le nombre de cas interroge, inquiète, exige des réponses non seulement environnementales et épidémiologiques, mais en matière d’accompagnement immédiat des familles. Quand on les rencontre, quand on les entend raconter leur quotidien, on mesure davantage encore notre responsabilité collective.Notre commission des affaires sociales, je le rappelle avec satisfaction, a adopté cette proposition de loi de manière conforme, autrement dit dans les termes retenus par le Sénat. C’est là un signal fort : les deux chambres se rejoignent sur l’essentiel, le travail parlementaire a permis de construire un texte solide, qu’il nous faut aujourd’hui adopter à notre tour. Pour autant, nous ne devons pas considérer qu’il règle tout. Beaucoup reste à faire : les difficultés d’accès aux soins, les inégalités territoriales, le manque de professionnels spécialisés, les délais dans les MDPH ou encore le poids financier supporté par certaines familles demeurent des réalités très fortes.Ce texte enrichi par l’Assemblée en première lecture, par le Sénat, n’est pas pleinement satisfaisant, mais il constitue un bon début, une étape. Nous voterons donc, je le répète, en faveur de cette proposition équilibrée, utile, fidèle aux attentes exprimées par les familles et les professionnels de santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. le rapporteur applaudit également.)

Je confirme que le groupe Démocrates votera cette proposition de loi. Nous tenons à remercier le rapporteur, M. Thiébaut, pour tout le travail qu’il a accompli durant ces dernières années pour la faire aboutir. Elle va permettre de soulager les familles et de faciliter l’accès aux soins. En tant que soignante et pour avoir travaillé dans le médico-social, je mesure pleinement la portée de ce texte. Nous suivrons bien sûr avec attention sa mise en œuvre opérationnelle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).