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Discours du 13 novembre 2025

Sabine Thillaye · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°49

Chaque année, le débat concernant le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne constitue l’un des trop rares moments, monsieur le ministre, où les questions européennes sont évoquées dans cet hémicycle. En 2026, cela a été dit et redit, il est prévu que la contribution française augmente ; il a également été rappelé que cette hausse n’était pas une dérive, mais le résultat d’un rattrapage normal – autrement dit, nous payons parce que l’Union européenne agit.

Nous changeons de monde : une puissance nucléaire a attaqué son voisin européen, le terrorisme – le jour est propice à un tel rappel, hélas – continue de nous menacer, notre sécurité économique est fragilisée par les géants mondiaux,…

…nos chaînes d’approvisionnement peuvent être coupées du jour au lendemain. L’Union n’est pas un luxe, c’est une assurance ; aucune nation européenne ne pourrait affronter seule ces bouleversements. J’entends ceux qui disent que nous payons trop à Bruxelles : ce discours constitue l’arme de ceux qui confondent dépense et investissement. À ceux qui réclament de payer moins, je pose une autre question : payer moins et renoncer à quoi ? Aux aides agricoles qui soutiennent nos territoires, qui garantissent le revenu de 260 000 exploitations ? Aux financements pour nos entreprises innovantes ? À la protection du marché unique, qui fait vivre nos échanges commerciaux ?Investir ensemble est la seule manière de soutenir durablement notre sécurité, notre compétitivité, notre modèle européen. Il est vrai, cependant, que certains États conservent des rabais hérités d’un autre temps ; peut-être le moment est-il venu de corriger ces injustices, de doter l’Union de ressources propres véritables, afin que son budget repose moins sur les contributions nationales. La vraie question n’est pas de savoir combien cela nous coûte, mais si nous voulons encore décider du monde dans lequel nous vivons. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)Si la France veut continuer à peser sur la scène mondiale, elle ne doit pas le faire avec seulement 68 millions de citoyens, mais avec 450 millions. L’Union n’est pas une dépense, c’est une puissance collective ; c’est dans cette Europe forte, démocratique, unie, que la France reste maîtresse de son destin. Certes, l’Union européenne n’est pas parfaite ;…

…aucune construction humaine ne saurait l’être. Elle n’en oppose pas moins la force du droit à la loi du plus fort. Le groupe Démocrate votera en faveur de ce prélèvement, qui est bien plus qu’une ligne budgétaire : notre meilleure garantie de liberté, de sécurité, de puissance dans un monde de rivalités. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Michel Barnier applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).