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Discours du 25 mars 2026

Sabrina Sebaihi · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°179

Depuis des mois, la communauté internationale assiste impuissante ou silencieuse à une escalade militaire et à une remise en cause systématique du droit international au Proche et au Moyen-Orient. À Gaza, des dizaines de milliers de civils ont été tués. En Cisjordanie, la colonisation et les violences se poursuivent. Au Liban, des enquêtes indépendantes documentent l’usage de phosphore blanc, une arme dont l’utilisation contre les populations civiles est interdite par le droit international humanitaire. Nous assistons au déplacement forcé de près de 1 million de personnes et, bientôt, à l’occupation durable du sud du Liban.Désormais, les frappes croisées s’étendent au mépris de toute stabilité régionale. Face à ce constat, que fait la France ? Vous nous l’avez rappelé : elle agit en défense de ses partenaires. À cet égard, je souhaite rendre hommage à l’adjudant-chef Arnaud Frion, mort pour la France sur le sol irakien.La France refuse par ailleurs de s’engager dans l’offensive auprès des Américains et des Israéliens, et je m’en réjouis. Le premier ministre a indiqué qu’il refusait d’entrer dans le commentaire. Mais que fait concrètement le gouvernement pour stopper les violations du droit international ? Pas de sanction, pas de suspension de coopération, pas même une parole à la hauteur de la gravité des faits.Pire encore, nous assistons à une offensive inédite contre les institutions de la justice internationale. Des pressions sont exercées contre la Cour pénale internationale ; des tentatives de blocage, y compris technologique et financier, visent à empêcher l’action des juges. La France, qui devrait être en première ligne pour défendre le droit international, reste spectatrice.Monsieur le ministre, à quel moment la France décidera-t-elle enfin de tirer les conséquences de ces violations répétées ? À quel moment passerez-vous des déclarations aux actes ? Car enfin, que faut-il de plus ? Des milliers de morts, c’est déjà le cas ; des crimes de guerre, aussi ; l’utilisation d’armes prohibées est désormais documentée ; une déstabilisation régionale majeure est en cours.Ma question est simple : quand la France prendra-t-elle ses responsabilités et prononcera-t-elle des sanctions concrètes contre le gouvernement israélien pour faire respecter le droit international ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).