Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 17 février 2026

Sandra Marsaud · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°152

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Je souhaite appeler l’attention de la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation sur les conséquences de la réduction des crédits alloués au groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP Epau) dans le cadre des arbitrages budgétaires pour 2026.Le GIP joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques publiques territoriales – urbanisme, environnement, économie. Il constitue un espace partenarial unique, fédérant plusieurs ministères, les principaux opérateurs de l’État, un large réseau de collectivités, de chercheurs ainsi que des acteurs privés. Ses travaux de recherche-action et de prospective accompagnent plus de 220 projets répartis sur l’ensemble du territoire hexagonal et ultramarin, mobilisant près de 900 chercheurs.Le GIP connaissait déjà une trajectoire financière en baisse de 25 % depuis 2024 et avait dû faire d’importants efforts de rationalisation budgétaire. La diminution des subventions de l’État marque un coup d’arrêt pour ses programmes structurants, tels que Quartiers de demain, Popsu – plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines – Transitions, Popsu Territoires ou encore Europan, comme pour les conventions engagées avec les collectivités.Une interruption de ces démarches risquerait de désorganiser des partenariats engagés au plus haut niveau de l’État, de compromettre la restitution d’expériences innovantes attendues et de priver nombre de communes d’un appui unique en ingénierie et en prospective urbaine. Ce constat est d’ailleurs largement partagé. Plusieurs élus impliqués dans ces programmes ainsi que des chercheurs ont récemment exprimé leur soutien au GIP Epau dans une tribune sur la valeur scientifique et opérationnelle de ses travaux. Aussi souhaiterais-je savoir quelles dispositions le gouvernement entend prendre pour assurer la reprise ou la continuité des programmes et des démarches actuellement menés par le GIP Epau – auquel j’exprime mon plein soutien –, afin d’éviter toute rupture dans l’accompagnement des collectivités et de préserver les acquis scientifiques et partenariaux accumulés.

Il se trouve que je connais très bien le GIP et la qualité de ce qu’il a produit depuis des années – j’ai moi-même signé la tribune de soutien qui a réuni des centaines de personnes, alors que ce n’est pas dans mes habitudes. Ce sont le GIP et ses petites mains qui soutiennent le programme Petites Villes de demain, le plan Action cœur de ville et le programme Villages d’avenir. Organisation transversale, ses crédits provenaient d’une certaine manière des queues de budget des ministères dont il dépendait, ce qui ne coûtait pas tant d’argent que ça – je me désole d’en parler déjà au passé !Vous avez évoqué les petits territoires : on a précisément constaté que l’arrivée du GIP permettait aux acteurs locaux, aux représentants de la DDT – direction départementale des territoires – et aux préfectures de se mobiliser pour activer les politiques de l’État, ce qu’ont parfois du mal à faire les intercommunalités ; d’ailleurs, le GIP s’est parfois associé à ces dernières – c’est le cas chez moi.Il me semble donc que refuser de faire le bilan des grands opérateurs de l’État – il ne s’agit pas pour moi d’attaquer ici ses derniers – mais s’attaquer aux petites structures est tout à fait incohérent.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).