Discours du 19 mai 2026
Sandrine Lalanne · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°236
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Monsieur le garde des sceaux, la honte ; la honte d’un système judiciaire qui laisse des enfants entre les mains de leurs bourreaux ; la honte d’une société qui ferme les yeux depuis trop longtemps. Cette honte, vous l’avez vous-même nommée en disant avec force qu’un enfant était victime de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes en France. Un enfant sur dix victime d’inceste, ce sont trois enfants par classe.Je pense à cette mère qui a témoigné dimanche dernier au journal de 20 heures. Elle a déposé une plainte en février parce que sa fille de 5 ans – 5 ans ! – avait été agressée sexuellement par un animateur périscolaire de la ville de Paris – nouveau scandale de la honte. Depuis, le silence ; aucune réponse ; elle attend. Son enfant attend. Mais les médias s’en emparent, alors tout va s’accélérer !Je suis membre de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices, et je salue la détermination de sa présidente Maud Petit. Semaine après semaine, nous y voyons défiler magistrats, policiers, représentants d’associations, procureurs, avocats. Tous font le même constat glaçant : il s’agit d’un phénomène de masse et le système judiciaire échoue à en protéger l’enfant. Les remontées sont là : les parquets se voient fixer des priorités – le narcotrafic, la criminalité organisée. Mais quid des violences sexuelles et incestueuses dont nos enfants sont les victimes ?Il faut saluer votre courage, monsieur le garde des sceaux :…
…dans votre tribune parue ce dimanche, dans votre audition devant notre commission, vous avez annoncé des mesures fortes : ordonnance de sûreté, juge unique des familles, parquets spécialisés. Nous sommes à l’heure des compromis politiques, mais il ne faut pas en nouer un autour de cette cause. Quand il s’agit de défendre les enfants, il n’y a pas de camp politique : il n’y a que l’évidence. Il n’y a pas de bon moment pour agir : il n’y a que l’urgence.J’ai trois questions. L’examen du projet de loi prévoyant l’instauration de l’ordonnance de sûreté, tant attendue, sera-t-il inscrit à l’ordre du jour avant l’été ? Quel calendrier pour le juge unique des familles et les parquets spécialisés ? Au-delà de ces réformes, quelle instruction donnez-vous aux procureurs pour faire de la protection des enfants une priorité absolue ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).