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Discours du 23 juin 2026

Sandrine Rousseau · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°280

Quoi qu’il se passe, vous êtes satisfait !

Cela fait des années qu’on le sait !

Votre amendement n’a rien à faire à l’article 2, puisque la question qu’il soulève est l’objet des articles suivants. Par ailleurs, le discernement de la personne est vérifié à chaque étape de la procédure. Vous ne faites qu’entretenir le flou et alimenter le trouble dans les débats.

J’entends beaucoup de discours de soutien aux soins palliatifs. Dans mon camp politique, nous avons défendu avec force le développement de ces soins et la possibilité pour chaque personne en France de pouvoir en bénéficier effectivement. Nous sommes même allés plus loin, puisque nous avions proposé et obtenu en première lecture que cette possibilité devienne un droit opposable. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Cela signifie qu’en l’absence d’accès effectif, le patient aurait pu se retourner contre les autorités, contre l’État, pour mise en danger. Vous n’avez pas voté cette disposition ! (Mêmes mouvements.)

Je vous entends parler des soins palliatifs avec des trémolos dans la voix : n’y a-t-il pas une forme d’hypocrisie à tenir ce genre de discours quand nous discutons de l’aide à mourir mais pas lorsque nous examinons le texte sur les soins palliatifs ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)

Non !

Il prévoit le libre choix du mode d’administration de la substance létale. Jusqu’à présent, il s’est trouvé dans cette assemblée des majorités pour penser qu’au moment dont nous parlons, il était important que la personne concernée soit libérée du stress de choisir. Je rappelle qu’alors, cette personne aura demandé à bénéficier de l’aide à mourir et réitéré cette demande, et qu’elle sera donc tout à fait sûre de son choix. Mais pour sûr que l’on soit de ce choix, quand vient le moment de faire le geste, on peut être pris d’un stress, d’une peur de mal le faire ou de ne le faire qu’à moitié, donc être saisi de tremblements, d’angoisse. En outre, c’est précisément quand vient ce moment que nous ne voulons pas que les personnes qui recourent à l’aide à mourir aient les mains prises par l’autoadministration : il est très important qu’elles puissent tenir celles des gens qu’elles aiment, qu’elles n’aient à se préoccuper que de ces mains alors qu’elles quittent ce monde. C’est d’une importance cruciale.Nous abordons là un point dur. Je sais que certains et certaines ont dit dans cet hémicycle que si nous adoptions la libre administration, alors ils ne voteraient pas le texte. Je vous invite à réfléchir : il s’agit de faire un geste d’humanité en permettant aux personnes concernées de ne pas quitter ce monde prises dans le stress et la peur de mal ingérer un produit.Je livrerai un dernier argument relatif à la protection des soignants et des proches assistant à cette scène. Si vous ne leur permettez pas de faire ce geste à la place du patient, alors ce sont des gestes illégaux qui seront effectués : prises par le stress, les personnes demanderont aux soignants présents d’agir à leur place et je fais le pari que ces soignants, qui n’auront pas fait valoir leur clause de conscience, répondront favorablement à cette demande. Je vous invite donc à voter ces amendements identiques pour la protection des soignants autant que pour celle des malades. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Marie-Noëlle Battistel applaudit également.)

Je voudrais corriger quelque chose qui vient d’être dit. La libre administration ne change rien aux critères d’accès à l’aide à mourir ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Danielle Simonnet applaudit également.)Elle n’élargit strictement rien. Il n’y a là aucun élargissement, pas l’ombre d’une brèche permettant de changer les critères. Les conditions restent inchangées. Il s’agit simplement d’éviter un stress immense au moment de partir, de garantir la sérénité des dernières minutes et des dernières secondes de la vie de la personne. Il n’est question que de cela. C’est là le luxe que vous pouvez offrir à des personnes qui, sous l’effet de médicaments très forts, ou en raison de la fin de vie, de l’émotion ou de l’affaiblissement lié à la maladie, peuvent avoir les mains qui tremblent. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Demander à une personne dont la main tremble de s’autoadministrer un produit, c’est lui infliger le stress de ne pas y parvenir.Nous ne vous demandons pas de changer les critères, mais simplement de permettre à chacun d’exercer sa propre volonté, y compris grâce à l’action d’un tiers. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).