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Discours du 9 décembre 2025

Sandrine Runel · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°87

Nous attendions un rehaussement de l’Ondam pour faire face à des besoins croissants. Aujourd’hui, 6 millions de Français renoncent aux soins pour des raisons financières, et ce renoncement touche deux fois plus les ménages les plus modestes que le reste de la population. Les dépenses de santé représentent en moyenne 15 % du revenu des ménages, et il est de notre responsabilité de ne pas augmenter le poids de la santé dans le budget des Françaises et des Français.Aussi les amendements que nous avons déposés visent-ils à réévaluer l’Ondam et à redonner des moyens à l’hôpital, comme le fait l’amendement déposé par le gouvernement.Nous le savons, l’hôpital manque cruellement de soignants et de professionnels de santé ; il est nécessaire de le doter de financements supplémentaires. Pour préserver notre modèle de protection sociale, nous devons investir dans la santé des Françaises et des Français. C’est l’objet de ces amendements.

Depuis des semaines, nous nous battons pour transformer ce projet de loi de financement de la sécurité sociale qui, dans sa version initiale, n’était rien d’autre qu’un concentré d’injustices sociales.

Dès le premier jour, nous avons vu ce qu’il contenait : des économies faites sur les malades, des efforts imposés aux plus modestes et des reculs sociaux pour les travailleurs. Le PLFSS auquel nous aboutissons n’a plus rien à voir avec celui que le gouvernement nous a présenté. L’année blanche a été abandonnée, la réforme des retraites a été suspendue, le doublement des franchises est écarté, l’hôpital public est renforcé. (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est heureux, car les attentes sociales n’ont jamais été aussi fortes. Chaque avancée obtenue, chaque mesure austéritaire retirée est une victoire arrachée pour celles et ceux qui n’ont que la solidarité nationale pour tenir debout.Je le dis ici, adopter cette partie du texte, c’est acter la suspension de la réforme des retraites, la suppression de l’année blanche, la protection des retraités et des personnes en situation de handicap (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC), l’attribution de 3 milliards d’euros supplémentaires à l’hôpital public qui donneront enfin des moyens réels pour les soignants et les patients qui n’attendaient que cela. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Adopter cette partie, c’est démontrer que la discussion budgétaire était la bonne solution, que la discussion peut être gagnante lorsqu’elle est conduite au nom de l’intérêt général.À présent, nous pouvons le dire : nous avons obtenu des avancées majeures, nous avons arraché ce que nous pouvions pour améliorer la vie des Françaises et des Français. (Mêmes mouvements.) C’est là le sens de notre mandat. Ce que nous voulions préserver, c’est le pouvoir d’achat des Français, la vitalité de nos services publics, la pérennité de notre sécurité sociale, la dignité de notre hôpital, la protection des plus modestes, l’avenir des apprentis, la voix des travailleurs et l’égalité réelle pour les femmes. Ce que nous voulons, nous, socialistes, c’est préserver notre modèle de protection sociale. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous voterons pour la troisième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).