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vie-politique.fr

Discours du 16 décembre 2025

Sandrine Runel · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°94

Il y a sept jours, en nouvelle lecture, notre assemblée faisait le choix d’adopter ce projet de loi de financement de la sécurité sociale, à l’issue d’un débat parlementaire long, exigeant et profondément politique. Ce travail, le Sénat l’a refusé : la majorité sénatoriale a préféré rejeter nos avancées plutôt que d’en débattre. Nous voici donc dans la dernière ligne droite d’une bataille budgétaire qui a opposé l’exigence démocratique du Parlement à la brutalité de l’usage du 49.3.Je veux le dire à celles et ceux qui nous interpellent et qui s’en inquiètent : le texte sur lequel nous allons nous prononcer n’a plus rien à voir avec la copie initiale du gouvernement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Ce projet, nous l’avons trouvé brutal, injuste et, surtout, profondément déséquilibré ; alors nous l’avons combattu et nous l’avons transformé.À l’origine, le texte souffrait, comme le projet de loi de finances, d’un manque criant de recettes, au détriment du financement de nos services publics, de notre système de santé et de protection sociale. Autrement dit, il faisait peser l’austérité sur celles et ceux qui en subissent déjà les conséquences. Alors que durant nos débats budgétaires, le bloc central n’a cessé de s’opposer à la taxe sur les grandes fortunes, pourtant plébiscitée par près de 80 % des Français, la gauche, elle, est parvenue, dans le PLFSS, à faire adopter des recettes supplémentaires et à rehausser la CSG sur les revenus du capital, pour que ce ne soient pas les plus précaires qui paient, une fois de plus, ce que les macronistes offrent aux plus riches.

Notre devoir et notre source de pouvoir, en tant que groupes d’opposition dans cette assemblée sans aucune majorité,…

…ce sont la négociation et la discussion. Et nous, socialistes, avons mobilisé ce levier…

…pour retirer du PLFSS initial les horreurs que le gouvernement avait réservées aux Français ; nous avons arraché ce qui pouvait l’être, pour préserver la santé des Français. L’année blanche ? Abandonnée. Les titres-restaurant et les chèques-vacances des salariés ? Préservés. Les aides à l’embauche des entreprises des outre-mer ? Sauvegardées.

Le pouvoir d’achat des apprentis ? Conservé. Le doublement des franchises médicales ? Retiré. Le budget de l’hôpital public ? Renforcé. La réforme des retraites ? Suspendue. Ces avancées ne sont pas de simples lignes budgétaires dans un tableau d’équilibre : elles permettent concrètement de préserver notre modèle de protection sociale, tel qu’Ambroise Croizat l’imagina il y a maintenant quatre-vingts ans. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Nous, socialistes, refusons que les Français renoncent aux soins à cause d’une hausse des frais de santé. Nous, socialistes, refusons que l’on fasse peser le poids de l’inflation sur le dos des ménages les plus précaires et des retraités. Nous, socialistes, refusons que l’hôpital public soit une variable d’ajustement budgétaire. Et nous, socialistes, refusons toujours la réforme brutale des retraites de 2023.

Suspendre la réforme des retraites, c’est permettre, ne vous en déplaise, à 3,5 millions de personnes de partir plus tôt à la retraite. (« C’est faux ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Pour les générations 1964 à 1968, cela représente trois mois de labeur épargnés et trois mois de vie retrouvés. (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Et une fois encore, c’est grâce à la détermination…

…dont seuls les socialistes ont fait preuve que cette suspension s’appliquera à tous les assurés, en particulier ceux qui ont eu une carrière longue et ceux de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Mayotte, que le gouvernement avait initialement omis dans la lettre rectificative. Pour la prise en compte de la pénibilité au travail, pour le droit à la retraite en bonne santé et pour que la volonté populaire soit enfin entendue, suspendre cette réforme injuste est une priorité : en la matière, notre vote nous oblige.

Enfin, voter ce PLFSS, c’est permettre aux femmes de bénéficier de deux avancées majeures : l’introduction d’un nouveau congé de naissance et la prise en compte des trimestres de maternité dans l’ouverture des droits au départ anticipé pour carrière longue. Parce que l’accueil d’un enfant entraîne bien trop souvent des disparités de revenus et de pensions entre les hommes et les femmes, ces réformes sont attendues par la société. Nous devons continuer le combat, continuer à nous mobiliser pour une réelle égalité salariale et pour une revalorisation ambitieuse de ce nouveau congé de naissance.En votant ce texte, nous faisons donc le choix d’une gauche utile, d’une gauche qui protège, qui ne crie pas (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP),…

…qui se bat pour améliorer et transformer le quotidien des Françaises et des Français. En votant ce texte, nous votons pour préserver la santé et le pouvoir d’achat des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).