Discours du 23 octobre 2024
Sarah Knafo · Gérer les migrations de manière efficace et globale en favorisant les retours (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, on traverse Bruxelles et on se demande: «Suis-je encore en Belgique?» On arrive à Strasbourg et, dans le tramway, on se surprend à tenir son téléphone très fort, des deux mains. On longe la rue qui nous ramène chez nous et que l’on connaît par cœur, mais on ne peut pas s’empêcher de regarder derrière et de presser le pas. Vous avez beau être de gauche, ces sentiments, vous les avez vécus. Si vous êtes trop aveuglés pour vous l’avouer, vos enfants, eux, se l’avouent, et ils en souffrent. On se sent dépossédé. On n’est plus chez soi nulle part. Ce n’est pas nous qui avons quitté notre pays, mais c’est comme si notre pays nous avait quitté.
Pourtant, ce n’est pas fini. Pourtant, ce n’est pas trop tard. Nous sommes atteints d’un mal dont le remède existe. C’est l’immigration qui a transformé nos pays, et ce n’est pas une maladie incurable. Nous avons des frontières à surveiller? Soit. Des dizaines de pays le font, nous l’avons fait pendant des siècles, et il suffit de s’y remettre.
Cinq cent mille nouveaux immigrés par an, ce serait impossible à arrêter? C’est faux. Ce ne sont que des titres de séjour, de simples documents que nos fonctionnaires prennent le soin de tamponner et d’offrir à des étrangers. Il suffit de leur demander d’arrêter. C’est aussi simple que cela. Si les étrangers sous OQTF refusent de partir de leur plein gré, ils n’auront plus le choix. C’est nous qui décidons de qui nous accueillons et de qui nous expulsons.
Les politiciens détestent ce bon sens. Ils disent qu’il y a des verrous qui nous empêchent, qu’on ne connaît pas le dossier. Leurs solutions à eux sont tellement plus élaborées: ne rien changer. Si nous retrouvons le sens commun tout de suite, dans quelques années, nous aurons du mal à croire que nous avions pu nous laisser aller à ce point et tomber aussi bas. Mais si nous ne nous ressaisissons pas, les historiens chercheront longtemps pourquoi de si grands peuples, si puissants, se sont laissés mourir sans réagir. Il est encore temps. Réagissons.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.