Discours du 1 juin 2026
Sarah Legrain · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°257
Chut !
Je ne crois pas un instant, collègues du Rassemblement national, que vous ayez déposé cet amendement de suppression de la mention du caractère obligatoire de l’éducation à la vie sexuelle et affective par souci d’alléger le texte.
Nous n’avons aucun doute sur vos intentions. Dès que ce programme a été rendu obligatoire, vous avez été les premiers à relayer toutes les campagnes hostiles à l’éducation à la vie affective et sexuelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.) Vous avez relayé des campagnes de désinformation, vous vous en êtes pris au Planning familial et aux associations qui font un travail indispensable pour protéger les enfants victimes de violences sexuelles, au sein de la famille comme de l’école, ce dont ces enfants ont terriblement besoin selon la Ciivise.Vous avez donc déposé cet amendement pour soutenir une nouvelle fois l’enseignement privé, dont il faudrait respecter le caractère propre qui justifierait, selon vous, qu’il soit dispensé d’assurer l’éducation à la vie sexuelle et affective.
Vous soutenez d’ailleurs des organismes comme Cycloshow XY ou Lift, financé par Stérin.
Ces structures proposent des ateliers non mixtes en guise d’éducation à la vie sexuelle et affective et à l’égalité entre filles et garçons.Nous n’avons aucun doute sur vos intentions. Dans les débats à venir, vous nous expliquerez qu’il ne faut pas alourdir les contrôles sur les établissements privés. Ce qui compte pour vous, ce n’est pas la protection des enfants face aux violences, mais c’est bien la protection de certains et de certaines dans certains établissements. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
On arrive au cœur du sujet. Vous nous expliquez que là commence une seconde loi alors que la question de la protection des enfants a fait l’unanimité.Je tiens quand même à préciser, pour que tout le monde ait en tête ce qui est en train de se passer, que nous avons étudié à peu près vingt amendements par heure et qu’il nous reste plus de cent amendements à examiner pour quatre heures de débat. S’il y avait vraiment eu une grande appétence dans cet hémicycle pour protéger les enfants dès le début de l’examen de la loi, cela se serait vu. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Mais ce que l’on a vu, ce sont des interventions sur les articles, des amendements pour rajouter des choses, des adjectifs, et même des amendements de la présidente de la délégation aux droits des enfants qui, franchement, nous a fait un peu honte, avec des dizaines d’amendements identiques et des interventions à chaque fois qu’elle le pouvait.En réalité, s’il y avait une volonté unanime de protéger les enfants, les débats seraient allés un peu plus vite. J’espère que nous pourrons accélérer.
Je ne peux pas laisser dire que les articles dont nous commençons l’examen sont sans rapport avec le sujet.J’aimerais saluer de nouveau toutes les victimes – qui sont, pour une partie d’entre elles, ici devant nous – ayant parlé devant la commission d’enquête dite Bétharram, ainsi que les quatre-vingts collectifs de victimes qui ont eu le courage de se constituer à cette occasion et qui ont eu le courage de parler. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Cette commission d’enquête n’avait d’ailleurs absolument pas le caractère politicien qu’on voulait lui prêter.
Certains expliquaient qu’il s’agissait d’un règlement de comptes de M. Vannier et des Insoumis avec M. Bayrou.Cette commission d’enquête a donné à voir un mouvement dans le pays, un mouvement de libération de la parole, mais pas seulement : un mouvement affirmant que cela ne doit plus se reproduire. Elle a abouti à un rapport qui a parlé des contrôles et des défaillances de l’État. Nous avons déjà eu le début de la discussion tout à l’heure, quand vous nous avez expliqué qu’il fallait supprimer l’idée d’une carence de contrôle imputable à l’État et d’une reconnaissance de la responsabilité de l’État. Mais bien sûr que oui, l’État a une forme de responsabilité dans ce qui s’est passé !
Quand vous voyez le nombre de contrôles effectués depuis la commission d’enquête, quand M. le ministre nous donne le nombre de mises en demeure,…
…on voit bien que les contrôles sont absolument indispensables. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).