Discours du 6 juillet 2026
Sébastien Chenu · Première session extraordinaire 2026 · séance n°4
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Qu’elle est longue, l’agonie de la Macronie finissante ! Qu’il est long, le calvaire des Français, si patients avec ceux qui ont ruiné le pays, si impatients de passer à autre chose, de vous voir plier bagage ! Il y a mille raisons de vous censurer – vos manquements, vos scandales, vos mensonges, vos renoncements –, mais celle qui nous est présentée par le groupe écologiste…
…témoigne à la fois de la nullité et de l’inutilité de ses membres,…
…sans pour autant offrir la perspective d’une véritable alternance.Vous avez tout abîmé. Vous avez ruiné notre pays, dont la dette est abyssale et le déficit, endémique. Vous avez démoli sa croissance : la productivité chute et cent usines ferment chaque année alors que le chiffre était de soixante-dix en 2017.
Le coût de l’énergie a explosé, conséquence de votre imprudence nucléaire et de la dépendance aux gaz importés, et la surenchère de normes pourrait rendre jaloux un pays communiste.
Vous avez abîmé ce qui était nos zones de force : l’agriculture a été sacrifiée au Mercosur ; l’éducation nationale, abandonnée. Vous avez ouvert la France à tous les vents, avec une immigration de peuplement incontrôlée…
…et des milliards déversés au bout du monde. Vous avez abandonné les Français à leur sort, que ce soit face à la pompe à essence, face à l’insécurité, présente partout dans le pays, face aux atteintes à la laïcité ou face à l’antisémitisme le plus crasse. Vous n’avez rien préparé, rien prévu, rien vu venir :…
…ni la chute démographique, ni le bouleversement de l’intelligence artificielle, ni le tsunami blanc du narcotrafic, ni les bouleversements climatiques.
Notre pays est devenu celui des comités Théodule, des comités de suivi, de pilotage ou de contrôle, des agences coûteuses dans lesquelles vous recasez vos copains.
Plus rien ne fonctionne vraiment, les Français se débrouillent, tout ce que vous touchez se transforme en plomb et vous avez réduit notre puissance à l’Hexagone.Il y a donc mille raisons de vous censurer, d’espérer et de préparer votre départ. Votre action publique se résume à la production de commentaires ; il n’y a plus de ministres, il y a des influenceurs ;…
…vous vous cachez derrière les minutes de silence et les bougies. Vous avez raison : taisez-vous. Plus personne ne vous croit ni n’attend rien de vous.Dans ce naufrage, dans cet immense gâchis, vous avez surnagé, armé de deux bouées, deux flotteurs déjà à demi dégonflés. Je parle d’une part des équipes LR du si sincère Laurent Wauquiez, désormais soutien d’Édouard Philippe, en incarnation parfaite de la phrase de Talleyrand selon laquelle la trahison n’est qu’une question de date – juillet 2026, le concernant. (Rires et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Pauvres électeurs LR, abandonnés et humiliés, moqués par leurs propres dirigeants ! Je pense d’autre part aux équipes socialistes, acoquinées au parti passionnément antisémite et désormais cornaquées par M. Glucksmann, celui que ma concierge prend pour un journaliste, que les journalistes prennent pour un philosophe et que les philosophes prennent pour ma concierge. (Mêmes mouvements.)
Voilà l’attelage qui soutient et organise le pouvoir dans notre pays.Vous vous gargarisez de formules toutes faites et creuses. Ainsi, on vous entend toujours dire que vous êtes « en responsabilité ». Tel feu Edgar Morin, vous enfoncez toutes les portes ouvertes. La réalité est que vous n’assumez jamais rien. Par naïveté, ignorance, lâcheté, incompétence ou idéologie, vous soutenez que la faute est toujours celle des autres. Tel un ancien premier ministre fuyant en rasant les murs l’accident dont il est partie prenante, vous n’êtes jamais responsable de rien.Ici même, le ministre de l’intérieur – il est dommage qu’il soit parti – s’est carapaté au moment où il aurait pu faire voter un texte interdisant le mariage entre un citoyen français et une personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Hier, un autre ancien premier ministre, fier de son naufrage, s’en vanta à la télévision et devant un parterre d’incapables ayant ruiné la France avec lui tandis qu’encore un autre ex-premier ministre – il y en a eu tellement –, en homme libre, ne débattait, aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qu’avec des gens qui pensaient comme lui. Avec un tel niveau d’entre-soi, on se serait cru sur France Télévisions !Au-delà de votre action, le plus condamnable chez vous est probablement d’avoir désespéré les Français. Vous faites douter le peuple le plus politique du monde ! Vous n’oublierez pas que c’est après être allé au bout du désespoir que l’on rencontre l’espérance, comme disait Bernanos.
Cette espérance, ce sera l’alternance de 2027, non une motion de censure de circonstance émanant, au cœur de juillet,…
…d’un groupe dont tous les dogmes sont en échec. La décroissance, les zones à faibles émissions (ZFE), le nucléaire, les retenues d’eau, enfin la clim : tous les dogmes des écologistes et de l’extrême gauche écologiste s’écroulent, et les yeux s’ouvrent sur les retards considérables qu’ils ont fait prendre au pays.Il aura donc fallu une canicule en juin pour réveiller un groupe que le burkini et le droit à la paresse obsèdent davantage que les solutions concrètes pour protéger les Français ; une canicule pour réveiller les écolos, avant qu’ils ne partent dans quinze jours prendre leurs quartiers d’été sur l’île de Ré ou se réfugier dans leurs villas climatisées,…
…ce qu’ils interdisent aux autres.Cette canicule qui les réveille, elle empêche de dormir les Français. Voilà donc les écologistes décidés à censurer le gouvernement, parce qu’ils sont vexés d’avoir été démasqués, vexés qu’on les découvre si inutiles au bien commun.D’autres événements tragiques les auront laissés de marbre : les actes pédocriminels, l’effondrement de la justice ne provoquent ni la même émotion ni les mêmes réactions chez les Verts. On y combat davantage la température qui monte dehors que celle qui monte derrière la braguette de M. Cohn-Bendit lorsqu’il parle des enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Vos marottes punitives, vos obsessions n’ont qu’un objet : vous voulez être le camp du bien, être du bon côté. Les Français crèvent de chaud, mais votre obsession, c’est de flinguer Total et CNews. Les Français réclament la climatisation, mais vos obsessions sont l’islamophobie, le néocolonialisme, le patriarcat, l’écriture inclusive, le Canon français. Vous êtes mobilisés pour légaliser les drogues, pour accorder le droit de vote aux étrangers – et, de l’autre côté, les Français ont toujours chaud.
Vous voilà donc, nouveaux Don Quichotte, adversaires de la clim ! Vous n’êtes pas adversaires de l’islamisme, du terrorisme ni de la fraude,…
…pas plus que vous ne l’êtes de l’homophobie au Sénégal ou dans vos rangs, à Saint-Ouen, ni des violences conjugales – on comprend pourquoi ! – ni encore du naufrage du périscolaire à Paris ; vous êtes adversaires de la clim ! (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Comme toujours, c’est par le petit bout de la lorgnette que vous regardez les choses. La clim n’est qu’un outil ; l’enjeu, c’est évidemment le dérèglement climatique, mais c’est aussi celui d’une société qui doit accompagner les plus fragiles,…
…une société qui doit se poser la question du vieillissement et du grand âge, et y apporter des réponses. Un tel débat soulève mille questions et ce n’est évidemment pas une motion de censure qui permettra d’y répondre. Cette fois encore, vous manquez le rendez-vous !Entre une coalition d’incapables et des censeurs dépassés par les enjeux, c’est notre pays qui trinque. Ces dernières heures, des Français – et c’est bien triste – s’insultent, voire se battent pour se procurer de quoi se protéger. La question est celle du modèle, non celle de l’outil – mais pour construire un modèle, pour construire un programme, il faut une volonté, il faut une vision, il faut un capitaine.
Le moins que l’on puisse dire, monsieur le premier ministre, c’est qu’en matière d’écologie, vous n’avez pas coché les cases. Celle de l’écologie semble même désespérément vide, comme en témoigne l’adoption du fonds Vert, totalement décalé par rapport aux besoins.La ministre est aux abonnés absents – encore une fois, où est-elle passée ? J’aurais été content de faire sa connaissance ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Un discours stupéfiant, dans la droite ligne du mépris macroniste, une défaillance absolue et un manque de propositions qui laisse pantois : la place de Mme Barbut n’est pas au gouvernement. Visiblement, elle l’a compris : elle n’est déjà plus là.Comme nous vous y invitons depuis si longtemps, il faut répondre à deux impératifs : la lutte contre les causes du dérèglement et l’adaptation aux effets. Cette double exigence est évidemment à l’opposé de l’écologie punitive que j’ai décrite.
Marine Le Pen l’avait dit : pour réussir, la transition ne doit pas être imposée aux Français contre leur gré, elle doit les entraîner avec raison et méthode. La France ne pourra pas atténuer seule les effets du réchauffement climatique. Notre pays ne représente, en effet, que 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
C’est donc en réduisant les importations, en relocalisant les activités économiques et en réindustrialisant le pays que nous contribuerons efficacement à cet objectif ; bref, en faisant l’inverse du gaspillage de 100 milliards d’euros en vingt ans, consacrés à décarboner notre énergie – qui l’était déjà presque intégralement.Alors que vous ne cessiez d’imaginer et d’appliquer un nombre toujours croissant de taxes punitives, Jordan Bardella…
…soulignait la nécessité d’instaurer une taxe carbone aux frontières…
…– mesure dont le Rassemblement national a toujours défendu l’application…
…à toutes les importations au sein du marché commun – et, en 2025, le rapport d’Alexandre Loubet confirmait les orientations du groupe Rassemblement national en matière de réindustrialisation : moins d’impôts de production, des simplifications normatives et du patriotisme économique.Toute transition impose de faire preuve de pragmatisme ; il ne faut pas édicter des interdictions sans solution. Transports, agriculture productive et durable, rénovation des bâtiments – en remplacement de votre dispositif MaPrimeRénov’, coûteux et mal pensé, nous allons proposer un dispositif simplifié –, énergie décarbonée à bas coût, grâce au nucléaire évidemment,…
…mais aussi à l’hydroélectricité et à la géothermie, et sortie définitive du charbon : notre programme a pour but de protéger les Français, de protéger leurs vies et leur économie, en protégeant notre planète.
L’un ne va pas sans l’autre. De tout cela, il aurait fallu débattre ; de tout cela, il aurait fallu vous emparer. Vous avez eu dix ans pour le faire. Évidemment, au moment où les incendies ravagent le sud et où l’on pense aux professionnels qui les combattent, au moment où une nouvelle canicule s’annonce, vous êtes dépassés, pris au dépourvu. On vous entend encore, ici et dans quelques médias, nous dire : « Vous, vous n’étiez pas d’accord avec les propositions et les analyses du Giec ! » Mais vaut-il mieux des élus qui débattent des propositions du Giec…
…ou des élus qui, comme vous, y sont totalement acquis mais ne font rien ? (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Sur ce sujet-là, comme sur tous les autres, les Français vont vous juger et vous juger durement. On le sait, la raison, le jugement viennent lentement, les préjugés accourent en foule, comme l’écrivait Rousseau.
Il nous reste quelques mois pour nous débarrasser de ces préjugés, quelques mois pour débarrasser les Français de la Macronie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).