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Discours du 6 juillet 2026

Sébastien Lecornu · Première session extraordinaire 2026 · séance n°4

Je ne suis dupe ni de la gravité de la canicule que notre pays vient de traverser ni de la nature de la motion de censure qui nous réunit.Cette canicule a éprouvé des familles, des travailleurs et des agriculteurs tout comme nos services publics et notre système de santé. Elle a provoqué des drames humains ; son bilan sanitaire définitif sera établi avec méthode et rendu public en toute transparence. Elle n’a pas frappé seulement la France : toute l’Europe de l’Ouest a été confrontée à cet épisode exceptionnel et, malheureusement, plusieurs de nos voisins établissent eux aussi leur bilan.La gravité impose de ne rien dissimuler, mais aussi de ne rien inventer. Présenter comme définitifs des chiffres qui ne le sont pas, additionner des décès de nature différente et accuser le gouvernement – je cite – d’avoir des morts sur la conscience n’est pas une alerte…

…mais une faute.

C’est une faute envers les familles, les soignants, les pompiers, les élus locaux, les agents publics et les associations mobilisés jour et nuit ; une faute, enfin, envers le débat démocratique lui-même.

Je veux distinguer ces accusations des interrogations précises et légitimes exprimées par d’autres groupes sur les moyens de mieux adapter notre pays. On peut contester l’action du gouvernement…

…sans instrumentaliser les victimes. On peut demander davantage…

…sans prétendre que rien n’a jamais été fait.Que cette discussion permette au moins de parler sérieusement du fond.

S’il s’agit de parler de notre hôpital, parlons-en.

L’hôpital est un bien commun : il appartient aux Français. Il est légitime que chacun d’entre eux nous demande des comptes, particulièrement en période de tension induite par une crise climatique. Depuis le covid, nous avons transformé la gestion de l’urgence en trajectoire durable d’investissement. Ainsi, depuis le Ségur de la santé, 21 milliards d’euros ont été engagés pour moderniser les bâtiments et les équipements, reprendre une partie de la dette hospitalière et continuer d’investir jusqu’en 2035. Désormais, 12 milliards d’euros s’ajoutent chaque année à ces engagements pour mieux rémunérer 1,5 million de professionnels de santé et, à l’hôpital public, 15 000 recrutements ont été actés.

Ce ne sont pas des crédits ponctuels ayant vocation à disparaître l’année suivant leur engagement mais, pour l’essentiel, des dépenses permanentes que l’on retrouve chaque année dans les comptes de la sécurité sociale.

Il faut donc avoir l’honnêteté de dire qu’une part importante du déficit actuel de la sécurité sociale s’explique par le choix que nous avons fait de mieux payer les soignants,…

…de recruter, de désendetter les établissements et de réparer des bâtiments qui avaient trop longtemps fait l’objet d’un sous-investissement. On ne peut pas, dans le même discours, dénoncer le déficit de la sécurité sociale et affirmer que rien n’aurait été fait pour l’hôpital. Nous assumons ce choix parce qu’on ne soigne pas dignement lorsque les professionnels sont insuffisamment rémunérés, les établissements étranglés par leur dette et les bâtiments dégradés.Plus de 750 opérations de reconstruction ou de réhabilitation sont engagées depuis 2020, qui concernent près de 60 % du parc hospitalier public. Dans les bâtiments rénovés ou reconstruits, les unités d’urgence, de réanimation et de soins intensifs, les blocs opératoires et autres secteurs sensibles sont équipés de systèmes de climatisation ou de rafraîchissement. On sait que la climatisation n’est pas encore généralisée dans tout le parc hospitalier : des services ont pâti de conditions plus que difficiles pendant cette canicule.

C’est précisément pour cette raison que nous accélérons. Dans l’urgence, 30 000 climatiseurs mobiles sont en voie d’acquisition et de livraison – dont 10 000 dès cette semaine.

Une enveloppe de 100 millions d’euros est mobilisée dès cet été pour les établissements de santé, tandis que le fonds consacré à la qualité de vie dans les Ehpad pourra être mobilisé en priorité pour acquérir ces équipements. Les décisions seront prises au plus près des territoires : nous n’allons pas imposer plusieurs mois de procédures administratives à un service qui risque de fermer faute de moyens de rafraîchissement.Mais la mise à disposition de climatiseurs mobiles ne constitue pas une politique de long terme. Dans le plan d’investissement hospitalier qui s’appliquera jusqu’en 2035, les moyens consacrés à la rénovation énergétique et au confort d’été seront doublés, pour atteindre 600 millions d’euros. Ils financeront le rafraîchissement mais aussi les protections solaires, la ventilation, l’isolation et la rénovation des façades. Nous proposerons également aux départements d’élaborer un programme d’investissement sur dix ans pour les Ehpad, au service d’une ambition simple : faire en sorte qu’aucun de nos aînés ne soit plus exposé dans sa chambre à des températures dangereuses.

Voilà la réalité de l’hôpital et des Ehpad, que nous n’avons pas abandonnés, même s’il reste beaucoup à faire. Nous avons commencé à investir et nous continuerons.Dans le texte de la motion de censure, une question est posée : « Qu’a fait le gouvernement, ces dernières années, pour prévenir ces événements » ? Deux chiffres suffisent à démontrer que la réponse n’est pas : « Rien. »

Entre janvier 2023 et janvier 2025, 836 000 résidences principales ont cessé d’être des passoires thermiques. En juin 2026, 55 800 véhicules électriques neufs ont été immatriculés – c’est un record historique : en 2017, il s’en vendait moins de 25 000 en une année entière.

Ces évolutions ne sont pas spontanées, mais résultent de choix politiques :…

…rénovation des logements, bonus automobile, éco-score, verdissement des flottes et développement des bornes de recharge. Depuis 2017, le rythme de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre a été multiplié par cinq par rapport à la période précédente. Ce n’est pas encore assez, mais ce n’est pas rien.En outre, la France n’a pas seulement agi sur son territoire : elle a promu l’accord de Paris, défendu la sortie des énergies fossiles, remis la protection des forêts et des océans au cœur de l’agenda international et continué à mobiliser la finance pour le climat, y compris lorsque d’autres pays – et non des moindres – reculaient. Cette constance, que vous le vouliez ou non, restera l’un des éléments importants du bilan diplomatique du chef de l’État.

S’il s’agit à présent de parler de l’adaptation de la France, penchons-nous là encore sur les faits, rien que les faits. Notre pays ne découvre pas l’adaptation en juillet 2026. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) prépare pour la première fois l’ensemble de nos politiques publiques à une France susceptible de connaître un réchauffement de 4 oC à la fin du siècle.

Il comporte 52 mesures et 341 actions relatives à la santé, aux logements, aux écoles, au travail, aux transports, à l’agriculture, à l’eau, aux forêts et aux infrastructures essentielles, dont plus de 85 % sont déjà engagées.

Cette trajectoire de réchauffement est désormais intégrée dans notre droit. Les collectivités disposent de données climatiques adaptées à leur territoire et la mission Adaptation leur apporte l’expertise de l’État. Les gestionnaires de nos grands réseaux ont engagé leurs études de vulnérabilité. Le plan Eau est lui aussi entièrement lancé : plus de trois quarts des mesures qu’il prévoit sont déjà appliquées et 1,4 milliard d’euros sont mobilisés pour les agences de l’eau.

En matière de travail, nous avons également été les premiers à inscrire dans le code du travail des obligations spécifiques de prévention des risques liés à la chaleur intense, qui doivent être pris en compte depuis mai 2025, y compris s’agissant du travail en intérieur. Plus de 4 500 contrôles ont été réalisés dès la première année. Il conviendra naturellement d’évaluer ce cadre après cette canicule. L’organisation du travail ne peut pas être réglée uniquement par une norme uniforme décidée à Paris : les métiers et les niveaux d’exposition sont trop différents. L’adaptation au changement climatique doit donc devenir un sujet à part entière du dialogue social et du paritarisme.

Notre adaptation repose également sur une politique énergétique cohérente. En 2025, plus de 95 % de l’électricité produite en France provenait de sources bas-carbone. Il résulte de cette production bien moins d’émissions de CO2 que dans la moyenne européenne – elles sont notamment près de vingt fois inférieures à celles de la production allemande. Mais un peu moins de 60 % de l’énergie que nous consommons reste d’origine fossile et nous dépensons chaque année environ 60 milliards d’euros pour importer du pétrole et du gaz. Nous finançons ainsi notre dépendance géopolitique en même temps que le réchauffement climatique.C’est pour sortir de cette contradiction que le gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et lancé le plan d’électrification des usages. Grâce à cette PPE, nous disposons d’une vision à long terme de notre modèle énergétique. Elle prévoit de prolonger le parc nucléaire existant chaque fois que la sûreté le permettra, de construire six réacteurs de type EPR 2 et d’en préparer huit de plus.

Elle vise aussi à développer l’hydroélectricité, l’éolien en mer, la géothermie, le biométhane et le photovoltaïque, en fixant des objectifs mieux maîtrisés.

Le débat sérieux que nous devons mener n’a pas vocation à trancher entre le nucléaire et les énergies renouvelables, mais à déterminer comment produire suffisamment d’électricité française, décarbonée, pilotable et compétitive pour remplacer le pétrole et le gaz.Quant au plan d’électrification des usages, il concerne les logements, les transports, l’industrie, l’agriculture et les bâtiments publics. Il favorisera notamment les pompes à chaleur et la géothermie, susceptibles de produire de la chaleur en hiver et du froid en été.

Cette stratégie est donc directement liée à notre préparation aux canicules. Développer le rafraîchissement dans les hôpitaux, les Ehpad, les écoles et les logements suppose de produire davantage d’électricité, et mieux vaut qu’il s’agisse d’une électricité française largement décarbonée que d’énergie fossile importée.Il faut tout de même relever une singulière ironie. Ceux qui, à gauche, écologistes et Insoumis, ont voulu censurer le gouvernement au moment où il publiait la troisième PPE, lui demandent aujourd’hui des comptes sur la préparation du pays au changement climatique.

Ceux qui ont fait du nucléaire un adversaire demandent davantage d’électricité décarbonée.

Ceux qui ont longtemps fait de la climatisation un tabou demandent pourquoi tous les bâtiments ne sont pas climatisés.

Vous êtes bien libres de changer d’avis,…

…mais vous ne pouvez pas demander que l’on oublie ces dangereux contresens historiques.

La politique climatique ne peut pas consister en une accumulation d’interdits, de tabous et de motions de censure : elle doit favoriser la production, l’investissement et la protection.Puisque les auteurs de cette motion de censure évoquent continuellement le fonds Vert, parlons-en.

Il ne s’agit pas d’un dispositif ancien dont ce gouvernement aurait hérité : il a été créé en 2022 par le gouvernement d’Élisabeth Borne et rendu opérationnel en janvier 2023. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)

Nous l’avons créé parce que les collectivités locales sont en première ligne et qu’elles avaient besoin d’un outil déconcentré, accessible auprès des préfets et adapté à leurs projets. Depuis son entrée en action, il a permis le soutien de plus de 25 000 projets et l’engagement de 4,5 milliards d’euros de subventions. Des écoles ont été rénovées, des villes renaturées, des réseaux d’eau modernisés et des territoires protégés contre les inondations, les incendies et le recul du trait de côte.

Il est donc pour le moins curieux de présenter un instrument que nous avons nous-mêmes créé comme la preuve de notre prétendue inaction. S’il constitue désormais l’étalon unique et absolu de toute politique climatique, pourquoi ne l’avait-on pas créé auparavant ?

Du reste, que nous l’ayons créé ne nous interdit pas de le faire évoluer. Son champ d’intervention très large a permis le financement de nombreux projets mais a aussi pu conduire à une dispersion de ses moyens. Nous devrons donc le recentrer vers l’adaptation au changement climatique, limiter le saupoudrage et donner la priorité aux collectivités qui cumulent les vulnérabilités les plus fortes et les capacités financières les plus faibles. C’est souvent dans les communes les plus pauvres que se trouvent les bâtiments les plus anciens, les quartiers les plus minéraux, les réseaux les plus fragiles et les populations les plus exposées. Nous devons donc les accompagner en premier.

Mais cette canicule nous oblige à aller au-delà du simple examen des chiffres, des crédits et des dispositifs. Elle a mis en lumière une fragilité plus profonde : la solitude. Depuis 2003, les Ehpad ont connu une profonde réorganisation. Ils disposent à présent d’espaces collectifs rafraîchis, de professionnels présents et de procédures de surveillance, quoiqu’ils demeurent vulnérables et que nous devions continuer à les moderniser.Toutefois, pendant cette canicule, c’est à domicile que se révélaient certaines des vulnérabilités les plus importantes. Une personne âgée, ou plus jeune mais fragile, vivant seule dans un appartement surchauffé, sans visites régulières, sans équipement adapté et parfois sans être connue des services municipaux, peut désormais être davantage en danger qu’une personne accompagnée dans un établissement collectif. Dans les grandes villes, l’anonymat peut rendre invisible une personne qui vit seule derrière une porte fermée. Dans les quartiers les plus minéraux, la chaleur accumulée pendant la journée ne retombe plus la nuit. Les logements y sont souvent plus petits et plus difficiles à rafraîchir.

Dans les campagnes, le maire, le facteur, le voisin ou le commerçant entretiennent encore souvent un lien quotidien ou quasi quotidien avec les habitants. Dans de nombreux quartiers populaires également, les solidarités familiales et de voisinage restent puissantes. Partout, cependant, ces liens disparaissent et la vulnérabilité a augmenté et continue de le faire. Certains de nos concitoyens sont éloignés de leur famille ; d’autres en sont parfois oubliés ou abandonnés ; d’autres encore vivent au milieu de milliers de personnes sans qu’aucune ne remarque leur absence ou leur silence éventuels.La solitude est un sujet de société.

La puissance publique doit faire davantage : mieux repérer les personnes isolées, organiser des visites, ouvrir des lieux rafraîchis et coordonner les communes, les centres communaux d’action sociale (CCAS), les professionnels de santé, les bailleurs, les associations et les réseaux de proximité.

C’est le sens de la mobilisation du réseau des facteurs proposé aux communes, ainsi que des travaux engagés pour faire évoluer la planification Orsec – organisation de la réponse de sécurité civile – face aux chaleurs extrêmes et examiner les conditions dans lesquelles une personne en danger pourrait être temporairement accompagnée vers un lieu sécurisé et rafraîchi.Mais là aussi, disons les choses franchement : la puissance publique ne peut pas tout. Elle ne remplacera jamais une famille qui appelle, un enfant qui rend visite à ses parents, un voisin qui frappe à une porte, un gardien qui remarque une absence ou un commerçant qui donne l’alerte. Une société ne se mesure pas seulement à la solidité de ses plans de crise ou au montant de ses crédits budgétaires, mais aussi à l’attention qu’elle porte à celles et à ceux que plus personne ne regarde.

Ne nous trompons pas de diagnostic : le gel de quelques millions d’euros alloués à un fonds public n’est pas la cause de cette solitude. La rénovation d’une école ou d’une salle polyvalente est indispensable, mais elle n’ouvrira jamais à elle seule la porte de l’appartement d’une personne oubliée. Si l’adaptation au changement climatique est affaire de bâtiments, de réseaux, d’investissements, elle est aussi affaire de lien humain, de responsabilité familiale, de solidarité de voisinage et de vigilance collective – de fraternité républicaine, en somme. C’est peut-être la leçon la plus exigeante de cette canicule : nous devons adapter nos infrastructures, mais aussi réparer ce qui, dans notre société, laisse parfois les plus fragiles seuls face au danger.

Enfin, nous devrons simplifier. Tout le monde appelle à la simplification,…

…mais dès qu’il faut supprimer une procédure, raccourcir un délai ou assumer une dérogation, les résistances apparaissent vite. Certaines normes, y compris environnementales ou patrimoniales,…

…conçues pour protéger, retardent parfois l’installation de protections solaires, de systèmes de ventilation ou de dispositifs de rafraîchissement. Nous ne pouvons pas laisser des règles conçues hier empêcher l’adaptation au climat de demain. Simplifier ne signifie pas renoncer à protéger, mais hiérarchiser les priorités, réduire les délais et faire prévaloir la sécurité des personnes lorsqu’elle est en jeu.

Cela exige aussi un rapport nouveau à l’assurance. C’est pourquoi la proposition de loi défendue par le député Barusseau et votée ici de manière transpartisane sera inscrite à l’ordre du jour du Sénat dès la rentrée prochaine.

Au moment même où nous débattons, des feux importants frappent le sud de la France : près de 14 500 hectares ont déjà brûlé cette saison, soit près de trois fois plus qu’à la même date l’an dernier.Je veux dire notre solidarité aux habitants évacués et remercier les sapeurs-pompiers, la sécurité civile, les forces de l’ordre,…

…les élus locaux, les associations agréées et les personnels militaires engagés en appui. Le ministre de l’intérieur est actuellement sur place, à leurs côtés. L’État est mobilisé, y compris dans le cadre de la solidarité européenne : la France a activé le mécanisme de protection civile de l’Union pour obtenir des renforts aériens. Mais la prévention compte aussi : le débroussaillement obligatoire, les nouveaux moyens de la sécurité civile, le Beauvau de la sécurité civile et la transformation de nos armées doivent nous permettre de faire face à des saisons de feux plus précoces, plus longues et plus violentes.Voilà ce que nous avons fait. Voilà ce qu’il reste à accomplir. Mais s’il s’agit en réalité d’autre chose, alors parlons franchement de politique.

Je crois que cette motion n’a pas été déposée pour obtenir un débat sur la canicule.

Pour débattre, proposer des crédits, modifier la loi ou contrôler l’action du gouvernement, le Parlement dispose de tous les instruments nécessaires.

Cette motion vise…

…à éprouver les rapports de force à gauche, à exercer une pression sur ses différentes composantes et à distribuer des brevets d’opposition avant l’élection présidentielle.

À peine la session extraordinaire ouverte et le droit de déposer une motion retrouvé, la censure est redevenue l’horizon. Ce n’est pas le fruit du hasard.

C’est votre droit constitutionnel, je le respecte, mais personne n’est dupe. Cette motion ne protégera pas une personne âgée isolée, elle ne rafraîchira pas une chambre d’hôpital, elle ne modernisera pas un réseau d’eau. Si elle était adoptée, elle ajouterait au contraire une crise politique aux crises climatiques, sanitaires et internationales que le gouvernement doit déjà gérer.

Depuis plusieurs mois, j’ai choisi une autre méthode : le gouvernement propose ; le Parlement débat, amende et vote. Cette méthode a permis de donner un budget à la France, de préserver les moyens de la santé et de la protection sociale, et de faire avancer des textes utiles.

Elle doit maintenant nous permettre d’aboutir sur le texte tant attendu relatif à la protection de l’enfance et de poursuivre le travail engagé sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Une actualité peut en chasser une autre, mais elle ne doit jamais effacer les engagements pris. Alors que vous avez demandé ces textes avec autant d’insistance, qui pourrait croire que leur examen pourrait désormais attendre ?

Une censure ne l’accélérerait pas, elle le retarderait. Le compromis n’efface pas les convictions. Il permet à la République d’avancer lorsque les Français n’ont donné de majorité absolue à personne.

J’ai voulu un gouvernement de mission, pas un gouvernement de campagne : un gouvernement tenu à distance de la préparation de l’élection présidentielle et entièrement consacré aux affaires du pays. Le temps de l’élection viendra bien assez vite. Chacun défendra son projet. Les Français trancheront. D’ici là, nous avons des crises à gérer,…

…des textes à voter et des engagements à tenir.

Vous avez beaucoup répété, pour certains, qu’il n’était pas trop tard.

Vous avez raison, il n’est pas trop tard pour accélérer l’adaptation de la France. Il n’est pas trop tard pour mieux protéger les personnes isolées et les territoires les plus vulnérables.

Il n’est pas trop tard pour remplir nos engagements sur la protection de l’enfance et les violences faites aux femmes et aux enfants.

II n’est pas trop tard pour construire des compromis utiles. Il n’est pas trop tard pour ne pas ajouter une crise politique aux difficultés que notre pays doit déjà affronter ! (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Mesdames et messieurs les députés, une motion de censure n’est ni un communiqué de presse ni un instrument de campagne électorale.

C’est un acte grave. Vous êtes libres de votre vote ; chacun devra néanmoins en répondre devant le peuple français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – M. Laurent Marcangeli applaudit également. – Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).