Discours du 21 janvier 2026
Sébastien Martin · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°120
Cela a été rappelé tant par le président de la République que par le premier ministre et par Roland Lescure : les déclarations du président des États-Unis ne sont pas acceptables. Employer des menaces de coercition commerciale pour en jouer dans le cadre de relations diplomatiques ne l’est pas davantage. La France se doit de réagir à la hauteur de son histoire, de son rôle sur la scène internationale ; vous l’avez vu, elle a décidé d’adopter une attitude extrêmement forte et d’affirmer au président des États-Unis que le Groenland constituait une part du royaume de Danemark, qu’il appartenait aux Groenlandais. Il n’est pas question, sous quelque forme de menace que ce soit, que la France se taise.Partant de là, nous avons décidé d’agir – d’agir avec le droit, car je ne crois pas que l’on soit puissant en se mettant à côté du droit. Vous avez évoqué des actions possibles dans le cadre du budget, dont l’élaboration est en train de se conclure ; il existe par ailleurs des outils que le droit européen nous permet d’utiliser, comme le fameux instrument anticoercition que certains appellent le bazooka, ou encore des mesures touchant les droits de douane. Tout cela, je le répète, peut être utilisé dans le cadre d’un dialogue respectueux, mais où nous resterons sûrs de nos valeurs et de notre force. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
De manière quelque peu contraire à ce que vous venez de dire, les déclarations du président américain semblent plutôt conforter la position de la France, laquelle consiste à faire en sorte que l’Europe, sur un certain nombre de sujets, sorte d’une certaine forme de naïveté. Lorsqu’il s’est agi de condamner fortement les propos tenus ces derniers temps par le président des États-Unis, notamment au sujet du Groenland, c’est elle qui a été en pointe de ce combat. Je suis chargé de l’industrie : nous promouvons un certain nombre d’éléments afin que la ligne de la Commission européenne évolue, qu’elle change.
Nous ne pouvons pas considérer que notre marché commun – 450 millions d’Européens – fait notre force et le laisser ouvert à tous vents. Si nous voulons au sein de l’Union européenne une industrie forte, il faut des principes de préférence européenne, de contenu local ; il faut que l’Union change, parce que les surcapacités chinoises, l’invasion de certains produits chinois, nécessitent droits de douane et mécanismes de protection ciblés, contrairement d’ailleurs à ceux de M. Trump. En revanche, l’Union ne doit pas changer en tant qu’elle est forte de ses valeurs : or c’est également sur celles-ci que l’attaquent les États-Unis d’Amérique et peut-être aussi d’autres pays. En respectant le droit, en respectant une Union européenne qui agit collectivement, nous serons plus forts face à cette menace.
Vous souhaitez attirer mon attention sur la situation du groupe Polytechnyl. Vous l’avez rappelé, cette société spécialisée dans la production de polyamide, qui dispose en France de deux sites, l’un à Valence et l’autre à Saint-Fons, se retrouve aujourd’hui en difficulté. Elle a été placée en redressement judiciaire, non pas du fait des difficultés que rencontrent les sites, mais en raison de l’insolvabilité de sa maison mère, Domo Chemicals.Une période d’observation de six mois a été fixée par le juge. Notre priorité est d’abord de nous assurer que la situation de la trésorerie permet bien de disposer de six mois, voire un peu plus, pour élaborer un projet de reprise dans les meilleures conditions possibles – c’est l’objectif qui doit toutes et tous nous animer.Ensuite, nos services travaillent, notamment avec les organisations syndicales, pour accompagner les salariés dans ce moment difficile, disposer d’une vision objective de la situation et envisager tous les scénarios. Toutefois, le scénario que nous envisageons en priorité, c’est bien évidemment celui d’une reprise, car il y a des savoir-faire et une qualité de production, que vous connaissez, je pense, puisque l’un des sites est situé sur le territoire de votre circonscription.Enfin, vous m’interrogez sur l’argent public que la société aurait touché. À ma connaissance, cette société n’a pas bénéficié d’un tel soutien ces dernières années – si vous disposez d’autres informations, je suis preneur.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).