Discours du 25 juin 2026
Ségolène Amiot · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°284
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La honte !
Je souhaite rappeler le moment que nous vivons. Des mères, des pères, des enfants, des grands-mères protectrices se mobilisent tous les lundis devant les tribunaux pour rappeler l’urgence de protéger nos enfants contre les pédocriminels et les incesteurs. Des personnes sans abri meurent littéralement de la canicule, parce qu’on meurt plus rapidement de chaud que de froid lorsqu’on est sans abri. C’est un moment où nos enfants sont dans des classes absolument inadaptées au réchauffement climatique, quand ils ne sont pas privés d’accéder à leurs salles de classe, et donc à l’éducation, parce que ces salles sont devenues des fours en cette canicule. En ce moment, nous devrions, tous et toutes, prendre conscience qu’il y a des travailleurs et des travailleuses qui meurent sur des chantiers – il y a eu des morts hier et avant-hier – à cause de la chaleur.Pendant ce temps, les députés de l’extrême droite estiment que le plus urgent est de passer une journée entière à étudier une proposition de loi inconstitutionnelle, c’est-à-dire de perdre une journée entière à ne rien faire !
Peut-être avaient-ils besoin de marquer une pause dans les débats sur le texte « fin de vie », trop pénible pour eux à étudier, peut-être avaient-ils besoin d’un petit peu de repos, d’une sieste ou de paresse, comme le dit notre collègue. En tout état de cause, nous sommes en train de perdre un temps extrêmement précieux, qui coûte des vies, parce qu’on ne prend au sérieux ni la canicule que nous vivons, ni le réchauffement climatique qui va avec, ni la protection… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière.)
Franchement, je suis dépitée de voir à quel point la droite et l’extrême droite ont fait une hiérarchie dans l’abominable.Dans cette niche parlementaire, aucun des sujets majeurs de préoccupation des Françaises et des Français ne sera abordé. Ils se demandent comment ils vont se rafraîchir ; si leurs anciens, leurs aînés vont survivre à cette canicule ; ce qu’ils vont faire de leurs enfants alors que les écoles sont fermées et qu’eux-mêmes sont censés aller travailler, par une chaleur intenable. Ils se demandent aussi comment ils vont boucler leurs fins de mois et comment ils vont se soigner.C’est l’occasion pour moi de remercier et de féliciter tous ces médecins étrangers grâce à qui nos urgences fonctionnent aujourd’hui. (MM. Jean-François Coulomme et François Piquemal applaudissent.) Merci à elles et à eux ! Il faudra d’ailleurs penser – vous pourrez passer le mot à votre consœur ministre de la santé, monsieur le ministre – à revoir leur salaire puisque, sous le prétexte qu’ils sont étrangers, ils ont droit à un traitement de faveur : ils sont beaucoup moins bien payés que leurs homologues français, et c’est une honte ! (« Oui ! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Comment va-t-on pouvoir passer le cap de cette canicule, protéger nos enfants et nos anciens ? Parmi tous ces sujets majeurs que j’ai évoqués, vous n’en avez pas choisi un seul. Vous préférez d’abord empêcher chaque année 400 couples de se marier en France. En fait, vous voulez empêcher tous les couples mixtes d’accéder au mariage en France, ce qui est totalement inconstitutionnel.En vertu de la Constitution, chacun de nous peut se marier. Personne ne peut entraver cette liberté, personne ne peut dire avec qui on a le droit de se marier. Voilà ce qui est important. Vous savez pertinemment que ce texte n’a aucune légitimité et qu’il tombera face au Conseil constitutionnel… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).