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Discours du 29 avril 2026

Sophie Blanc · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°214

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La santé mentale des jeunes Français continue de se dégrader : près de 30 % des 18-24 ans présentent des symptômes dépressifs et plus d’un jeune sur deux déclare avoir déjà été affecté par un trouble de santé mentale. Il s’agit d’une crise majeure, comme nous ne cessons de le répéter depuis le début de ce débat.Dans le même temps, les pratiques numériques ont profondément évolué, elles aussi : plus d’un tiers des adolescents sont en contact permanent en ligne et les plus jeunes y sont désormais massivement exposés. Ces plateformes agissent comme des miroirs déformants, altèrent l’image de soi et favorisent l’anxiété, le harcèlement et les troubles du sommeil – les médecins le confirment. Derrière ces chiffres se dresse une réalité humaine, celle des familles : les parents sont seuls face à des enfants en détresse et à des délais de prise en charge médicale inacceptables.Face à ce constat, quelle est la réponse publique ? Des dispositifs dispersés, sans stratégie globale, incapables de répondre à l’ampleur du phénomène. Malgré des annonces répétées, on peine à identifier une feuille de route claire et des résultats mesurables.Concrètement, le tableau est préoccupant : le dispositif Mon Soutien psy est largement rejeté par les professionnels, qui le jugent inadapté et trop rigide ; les services publics de santé mentale sont saturés, notamment les centres médico-psychologiques, où les délais d’accès ne cessent de s’allonger ; le manque de pédopsychiatres et de capacités de prise en charge pour les jeunes demeure criant. Dans le même temps, les politiques publiques restent fragmentées, sans véritable coordination entre l’école, le système de santé et les actions de prévention.Quand l’État assumera-t-il ses responsabilités et déploiera-t-il enfin une véritable politique de protection de la santé mentale des jeunes, à la hauteur de la détresse que vivent aujourd’hui les familles françaises ?Enfin, vous avez évoqué un renforcement des moyens alloués aux CMP, mais 40 millions, c’est à la fois beaucoup et peu. Ces centres constituent souvent un passage obligé pour les jeunes, avec des délais d’attente pouvant atteindre un an. C’est pourtant là que le TDAH est diagnostiqué et que se décide l’accompagnement par des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Dès lors, un repérage précoce dépourvu de suivi effectif sera largement inefficace.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).