Discours du 6 janvier 2026
Sophie Pantel · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°103
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Nous avions préparé trois questions, mais celles-ci ont déjà été abordées au cours du débat. La première concernait un aspect juridique : l’inscription de la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. La seconde portait sur l’entrisme dans le sport, en particulier sur le respect des libertés individuelles constitutionnelles dans le cadre des actions de lutte contre l’entrisme, de manière à protéger les lieux de pratique d’un sport, qui doivent rester des espaces d’émancipation. La troisième question concernait la laïcité et l’école publique.Nous allons donc poser d’autres questions que celles initialement prévues par le groupe Socialistes et apparentés. Pour commencer, je voudrais élargir notre réflexion à l’Europe. Pourriez-vous clarifier la position du gouvernement ? Comment envisagez-vous de prioriser au niveau européen la question qui nous occupe et de créer une approche conjointe de celle-ci pour coordonner de manière efficace les actions avec les autres États membres, afin notamment d’éviter qu’une structure qui serait dissoute en France puisse se reconstituer dans un autre État membre ?De manière plus générale, vous avez évoqué les différents textes applicables. Qu’est-ce qui manquerait aujourd’hui pour pouvoir agir, dans le cadre de ce qui pourrait constituer le premier niveau de la définition de l’entrisme – laquelle n’existe pas ? S’agit-il de mesures de nature réglementaire ou législative ? Quelles seraient vos propositions ? Je laisserai mon collègue Gérard Leseul poser la troisième question, qui porte sur un autre sujet.
Je souhaite juste partager une réflexion, évoquée en réunion de bureau avec notre collègue Xavier Breton. Je pense qu’un vrai travail de fond doit être mené pour pouvoir partager une culture commune autour de la laïcité. Pour moi, celle-ci devrait faire partie de la devise de la République. On devrait pouvoir rajouter cette notion, dont on voit bien qu’elle est instrumentalisée : d’un côté, on a ceux qui vont en faire un combat presque de civilisation et, de l’autre, ceux qui vont s’efforcer de conférer à la religion une force supérieure à celle de la République.Nous ne mettons pas tous la même chose derrière la notion de laïcité, alors que nous venons de fêter les 120 ans de la loi de 1905. Un travail pourrait être mené au niveau de l’éducation nationale et de votre ministère, avec la formation des fonctionnaires. À l’Assemblée nationale, nous pourrions créer un groupe d’études sur la laïcité ; cela permettrait de faire avancer cette culture commune. La laïcité doit être un rempart face à l’entrisme pour pouvoir avancer ensemble.Permettez-moi de citer une phrase de Jean Jaurès – vous savez que la laïcité est un legs des socialistes à la République, du moins c’est ainsi que nous le vivons : « La République doit être laïque et sociale, mais restera laïque parce qu’elle aura su être sociale. » Si nous voulons lutter contre l’entrisme, il faut lutter contre d’autres difficultés en améliorant l’accès aux soins, l’accès à l’éducation, l’égalité territoriale, etc. C’est très large, même si nous avons eu une heure et demie pour en parler ce soir.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).