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Discours du 15 décembre 2025

Sophie Ricourt Vaginay · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°93

Fidèle à sa conception du travail parlementaire, le groupe UDR votera contre la motion de rejet préalable déposée par le groupe LFI, qui priverait la représentation nationale d’un débat indispensable et attendu par les Français.

Les enjeux d’organisation et de sécurisation de JO exigent des réponses précises et un examen approfondi. Nous refusons, par principe, toute posture idéologique : l’acceptabilité et la sécurité des JO méritent mieux que l’obstruction. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La candidature française aux Jeux olympiques et paralympiques de 2030 s’est construite dans des délais très contraints, dès 2022, à l’initiative des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, avec un engagement très fort avant même que l’ensemble des garanties ne soit pleinement stabilisé. Cette genèse explique sans doute les difficultés de mise en place et les incertitudes qui subsistent. C’est dans ce contexte particulier que le projet de loi relatif aux JOP d’hiver 2030 est aujourd’hui soumis au législateur dans le calendrier prévu.Les enjeux sont nombreux. Ils sont d’abord nationaux. Parce que l’État est garant de la sécurité, de l’ordre public et du cadre juridique, il lui revient d’anticiper, d’organiser et de protéger – c’est ce que fait ce texte.Sur le plan de la sécurité, depuis de nombreuses années, chaque évolution législative oppose deux visions : à droite, une approche fondée sur l’efficacité et la protection concrète ; à gauche, une contestation récurrente des outils au nom d’une conception abstraite des libertés.

Avec l’apparition des nouvelles technologies, en particulier algorithmiques, en matière de sécurité, le débat ressurgit et, avec lui, toujours le même procès sécuritaire intenté par la gauche. Elle commet ce faisant toujours la même erreur : confondre l’outil et l’intention. Le véritable clivage n’oppose pas la technologie à la liberté, mais la responsabilité politique à l’aveuglement idéologique.Être garant de la sécurité suppose aussi d’autres conditions essentielles, au premier rang desquelles figure l’acceptabilité du projet par les citoyens. Or une opacité persistante fragilise cette acceptabilité et une partie de la population peine à comprendre les choix opérés. En matière financière, la trajectoire budgétaire demeure insuffisamment lisible, et la représentation nationale elle-même dispose de peu d’informations consolidées ; les échanges sont rares, et aucune perspective financière ou organisationnelle claire ne nous a, à ce stade, été présentée. Ce projet de loi ne peut en aucun cas constituer un chèque en blanc.Paradoxalement, les enjeux liés à cet événement planétaire sont également des enjeux locaux, car les Jeux s’inscrivent dans des territoires caractérisés par des contraintes géographiques fortes et des équilibres économiques fragiles. La question centrale aujourd’hui reste celle de la localisation des investissements, des accès, des mobilités et des retombées économiques.Dans un territoire que je connais bien, les Alpes-de-Haute-Provence, cela revêt une dimension particulièrement cruciale. En effet, le département occupe une position stratégique entre Marseille, Nice et les Alpes du Nord. Et cette position repose notamment sur le carrefour ferroviaire de Château-Arnoux-Saint-Auban. Ce carrefour structure la vallée de la Durance, irrigue le nord du département et conditionne l’accès à des territoires entiers, de Sisteron à Digne, de l’Ubaye au Haut Verdon.Or ce carrefour stratégique est aujourd’hui absent des priorités d’aménagement liées aux Jeux. Les choix privilégient les extrémités et les sites vitrines au détriment des articulations du réseau ferroviaire. C’est non seulement une erreur d’aménagement, mais une erreur politique majeure, aux conséquences durables. Les Jeux sont temporaires, mais les infrastructures qu’ils produisent, ou qu’ils oublient, s’inscrivent dans le temps long. Écarter la remise à niveau du nœud ferroviaire de Château-Arnoux, c’est accepter que tout le nord du département des Alpes-de-Haute-Provence reste à l’écart des investissements, des flux et des retombées économiques, alors que ce territoire a déjà subi, au nom d’une écologie punitive, l’abandon de l’A51, qui a laissé ses vallées à l’écart des grands flux.Les Jeux, qui ont créé l’espoir dans nos massifs, ne peuvent pas reproduire encore et toujours les mêmes déséquilibres. Aménager, c’est choisir ; oublier, c’est condamner. La montagne n’est pas un territoire du passé ; c’est un territoire d’avenir. Sous la pression croissante du changement climatique, qui s’exerce tout autant sur les plaines, face aux migrations climatiques, les Jeux sont une occasion inespérée de préparer cet avenir.La position de l’UDR est claire : nous soutiendrons les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 s’ils sont réellement organisés, transparents et équitables dans leurs financements, dans leur gouvernance et dans leurs effets territoriaux. Ces jeux ne doivent pas être subis. Ils doivent se préparer dans la visibilité, et non entretenir l’incertitude. Les Jeux d’hiver 2030 ne réussiront que s’ils laissent derrière eux des infrastructures utiles, des territoires moins enclavés, s’ils renforcent la confiance dans le fonctionnement démocratique des institutions engagées. Or on est encore loin du compte, madame la ministre.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).