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Discours du 30 juin 2026

Sophie Ricourt Vaginay · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°294

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Les Alpes-de-Haute-Provence détiennent un triste record. Elles demeurent le département où la prédation est la plus forte en France : 557 attaques ont eu lieu l’an dernier et 1 450 bêtes ont été tuées. Derrière ces chiffres, des éleveurs perdent leur revenu, leur troupeau et parfois leur santé. Deux d’entre eux ont été grièvement blessés par leurs propres bovins, rendus incontrôlables après une attaque de loup.Dans ce contexte, deux décisions de l’État ont aggravé l’insupportable. Le 27 février dernier, le tribunal administratif de Marseille a annulé six arrêtés de tirs de défense. Nos éleveurs ont perdu ainsi leur dernier rempart légal, au moment précis où les attaques s’intensifiaient. Puis, dans la nuit du 14 au 15 mai, une louve capturée en Seine-Maritime était relâchée chez nous, dans l’arc alpin, sans la moindre concertation, sans information des élus et avec une justification qui laisse sans voix : le département le plus attaqué de France est présenté comme la zone du moindre risque. Mais pour qui ? Pour les hommes et les femmes qui y vivent et y travaillent ? Sûrement pas ! Cela signifie-t-il que vous placez la protection des loups au-dessus de la protection des femmes et des hommes ?Les syndicats agricoles ont porté plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui. Monsieur le ministre, sur quelle base légale ce transfert a-t-il été décidé, et qui l’a validé au niveau central ? Le gouvernement soutiendra-t-il l’interdiction de tout transfert administratif d’un loup ? Enfin, comment entendez-vous sécuriser juridiquement les arrêtés de tirs de défense, sans cesse paralysés par des recours d’extrêmistes écologistes ? Nos vallées de montagne méritent mieux que la politique mortifère que vous lui réservez.

Merci pour votre réponse, mais entendons-nous bien : les Bas-Alpins ne souhaitent pas devenir la réserve de loups de la République. Nous n’accepterons pas d’être la variable d’ajustement des préfectures qui souhaitent se défausser de leurs prédateurs. Car la réalité, c’est que dans notre département, l’État met en danger les éleveurs. Deux d’entre eux ont été grièvement blessés en raison de la prolifération des loups. Les syndicats ont d’ailleurs déposé une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, comme vous l’avez rappelé. Nos éleveurs n’attendent pas de la compassion, ils attendent d’être protégés contre le loup.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).