Discours du 16 juin 2026
Soumya Bourouaha · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°271
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Cette question est celle de mon collègue Yannick Monnet, qui ne peut malheureusement pas être présent ce matin et tient à s’en excuser. Je souhaite évoquer avec vous l’avenir de la ligne SNCF entre Moulins, dans l’Allier, et Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire, qui fait partie intégrante de la ligne transversale Nevers-Lyon.Cette ligne souffre d’un état de vétusté avancé, notamment sur la portion entre Paray-le-Monial et Gilly-sur-Loire, où les rails et les traverses ont été installés depuis plus de cinquante ans en moyenne. Cette situation est le reflet de retards d’investissement majeurs dans les lignes de desserte fine du territoire. Avec la signature de protocoles entre l’État et les régions, le premier s’est défaussé sur les secondes. Celles-ci sont impliquées dans l’entretien de l’infrastructure alors qu’il s’agit d’une responsabilité exclusive de l’État. De ce fait, les régions, comme celle de Bourgogne-Franche-Comté, se retrouvent confrontées à un mur d’investissement sans rapport avec leur capacité financière, a fortiori dans le contexte actuel où elles sont prétendument mises à contribution pour le redressement des finances publiques.Sur la ligne Moulins-Paray-le-Monial, la situation est telle que, depuis le 18 mai, on ne circule plus que sur une voie unique temporaire entre Gilly-sur-Loire et Digoin, à la suite d’une modification du plan de transport qui se traduit par une détérioration générale de la qualité de service. Une importante mobilisation rassemble localement depuis des mois les élus locaux, les cheminots et les usagers de la ligne pour exiger des investissements garantissant sa pérennité, sachant qu’elle est fréquentée chaque semaine par 4 000 voyageurs entre Nevers et Lyon. De nombreux salariés lyonnais ont fait le choix du télétravail et se sont installés dans nos territoires dits périphériques, attirés notamment par la présence du service public ferroviaire.Cinq à six trains de bobines d’acier en provenance de Belgique empruntent chaque semaine la section entre Digoin et Paray-le-Monial pour alimenter l’usine Aperam de fabrication d’acier inoxydable à Gueugnon. D’importantes perspectives de développement du fret ferroviaire existent avec l’usine Stellantis à Sept-Fons ou le parc d’activités Logiparc à Montbeugny. Il serait criminel de transférer ce fret sur la route Centre-Europe Atlantique.La gare de Dompierre-sur-Besbre, aujourd’hui menacée, est située au cœur d’un réseau de pistes cyclables en pleine expansion et à proximité immédiate d’un parc animalier et de loisirs qui ambitionne d’accueillir 1 million de visiteurs dans les années à venir.Pour toutes ces raisons, cette ligne doit absolument être préservée. Or elle subit de plein fouet les effets de la régionalisation et ceux d’un morcellement administratif et technique particulièrement complexe, puisqu’elle est à cheval sur deux régions. Des travaux d’urgence sont programmés par la région Bourgogne-Franche-Comté en 2026 et 2027, mais d’importants travaux de régénération, dont le financement n’est aujourd’hui pas garanti, seront nécessaires entre 2027 et 2031.Pouvez-vous confirmer l’engagement financier de l’État aux côtés de la région pour assurer dès aujourd’hui la pérennité et le renforcement de la ligne Moulins-Paray-le-Monial et, plus globalement, de la ligne Nevers-Lyon ? Les territoires ruraux ne seront-ils pas les grands oubliés de la transition écologique, à l’heure où l’essentiel des investissements sont fléchés vers les services express régionaux métropolitains (Serm) et le réseau TGV, faisant ainsi naître le sentiment d’une mobilité à deux vitesses ? Enfin, la prochaine loi-cadre sur le financement des infrastructures permettra-t-elle de dégager des moyens pérennes pour l’entretien de notre réseau ferroviaire, en particulier des lignes de desserte fine du territoire ?
Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur la situation de l’école en Seine-Saint-Denis, plus particulièrement dans ma circonscription. L’organisation du temps scolaire ne saurait se réduire à un ajustement statistique ou procéder d’une logique purement comptable de la gestion de l’enseignement. L’ambition de l’école publique est bien plus élevée : il s’agit de garantir à chaque élève les conditions de son émancipation et de lui permettre de devenir un citoyen libre, éclairé et pleinement acteur de son avenir.Pour atteindre cet objectif, le niveau d’encadrement des élèves ainsi que la réduction des effectifs de chaque classe ne peuvent être négligés. Ils constituent en effet des leviers essentiels pour favoriser la réussite scolaire et l’égalité des chances. Le dédoublement des classes de CP et de CE1 s’inscrit d’ailleurs dans cette logique et a démontré sa pertinence.La baisse significative de la démographie scolaire nous offre une occasion unique de diminuer durablement le nombre d’élèves par classe, de renforcer l’accompagnement, d’améliorer les conditions d’apprentissage et de favoriser les dispositifs innovants, à l’image du programme de généralisation du 100 % éducation artistique et culturelle, dont le déploiement dans ma circonscription et dans ma ville, à La Courneuve, a rencontré un véritable succès.Force est pourtant de constater que ce n’est pas la voie retenue par votre ministère. La diminution du nombre d’élèves semble justifier au contraire de fixer des objectifs d’économie budgétaire plutôt que d’amélioration des conditions d’enseignement et d’apprentissage. En Seine-Saint-Denis, 275 classes sont menacées de fermeture à la rentrée 2026. À cela s’ajoute la suppression de 67 postes dans le premier degré ainsi qu’un déficit de 25 ETP dans le second degré, alors que nous constatons déjà que des classes sont surchargées, des enseignants confrontés à des conditions de travail difficiles, des remplacements insuffisants et un accompagnement de plus en plus fragilisé pour les élèves les plus vulnérables, notamment ceux qui sont en situation de handicap, faute de moyens humains suffisants et d’un nombre adéquat d’AESH.Comme le souligne à juste titre l’intersyndicale de la Seine-Saint-Denis, ce département est à un point de bascule. Au-delà d’un plan d’urgence, c’est un véritable plan de rattrapage que nous réclamons. Nous demandons l’application pleine et entière du principe d’égalité républicaine. Nous demandons également des moyens à la hauteur des besoins des élèves, des familles et des équipes éducatives. Entendez-vous enfin faire de la baisse démographique une occasion de réduire les effectifs par classe et de renforcer les capacités d’accompagnement ? Entendez-vous être le ministre qui engagera le plan de rattrapage que le personnel de l’éducation nationale, les parents d’élèves et les élus réclament depuis des années en Seine-Saint-Denis ?
C’est vrai.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).