Discours du 11 juin 2026
Steevy Gustave · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268
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Avoir 20 ans en 2026, c’est choisir entre se nourrir ou étudier. Avoir 20 ans en 2026, c’est être étudiant tout en étant salarié. Avoir 20 ans en 2026, c’est se trouver dans une grande précarité. Les enquêtes successives de l’Observatoire national de la vie étudiante révèlent l’ampleur croissante de la précarité. En 2023, 30 % des étudiants et étudiantes déclaraient ne pas disposer de ressources suffisantes pour couvrir leurs besoins mensuels, contre 26 % en 2020. Plus d’un étudiant sur deux déclare avoir dû sauter des repas par manque de ressources.Nos étudiantes et étudiants subissent de plein fouet l’instabilité économique, sociale et politique de notre pays. Hausse du coût de la vie, crise du logement ou encore manque de perspectives d’insertion professionnelle : leur quotidien est marqué par une précarité systémique et structurelle qui ne cesse de s’aggraver. Nous assistons à une fracture de la promesse républicaine. Alors que l’État est censé être le garant de l’égalité devant le service public de l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire, il force notre jeunesse à rogner ses besoins primaires pour étudier.Mais la précarité étudiante abîme la réussite ; elle érode la confiance. Ce sont des soirées et des week-ends sacrifiés à un petit boulot plutôt que de réviser ses partiels. Ce sont des nuits passées à entendre son ventre gargouiller. C’est renoncer à voir ses amis, faute d’argent et de temps, et s’isoler. C’est une santé négligée, faute de pouvoir consulter un médecin ou se payer des médicaments. Alors, on renonce à envoyer une candidature pour un master. On renonce à finir sa licence et on laisse tomber ses rêves. On abandonne silencieusement son droit à étudier dignement et on sacrifie son avenir.En réponse à tous ces défis économiques, les aides sociales restent bien souvent trop maigres. La réforme des bourses étudiantes, pourtant promesse de campagne du président Emmanuel Macron, n’a jamais eu lieu. La loi de finances pour 2026 prévoit même une baisse de 25 millions d’euros sur le programme Vie étudiante. Les bourses continuent d’être les seules aides sociales à ne pas bénéficier d’une indexation automatique des barèmes ou des taux sur l’évolution des prix. Alors que la démographie étudiante continue d’augmenter, le nombre d’élèves boursiers baisse. Chaque année, 17 000 étudiants sont évincés de leurs droits et perdent en plus certains avantages comme l’exonération des frais d’inscription ou l’accès privilégié à un logement Crous.Pour la première fois depuis six ans, les montants des bourses n’ont pas augmenté, et leurs montants ne couvrent que très marginalement les besoins réels de nos étudiants. Aujourd’hui, près de la moitié des étudiants boursiers relèvent des échelons 0 bis et 1, qui ne donnent droit qu’à une centaine d’euros par mois.Pour toutes ces raisons, le groupe Écologiste et social votera pour cette proposition de loi, qui apporte une réponse simple et rapidement applicable à la souffrance étudiante. Cependant, ce texte ne doit pas remplacer une véritable refonte du système des bourses étudiantes. Le système actuel, à bout de souffle, génère des injustices mécaniques. Revaloriser les bourses c’est garantir l’égalité des chances, c’est investir dans l’avenir de notre jeunesse. La précarité étudiante n’est pas une fatalité. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).