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Discours du 19 janvier 2026

Stéphane Buchou · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°118

Le 3 janvier, la capture et l’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces américaines a provoqué une onde de choc mondiale. Pour l’immense majorité du peuple vénézuélien, cette nouvelle a été accueillie avec un immense soulagement, celui d’un peuple qui, après des années de dictature, entrevoit enfin la possibilité de tourner une page sombre de son histoire. Celui de femmes et d’hommes qui aspirent simplement à vivre libres, à choisir leurs dirigeants, à reconstruire leur pays et à retrouver leur dignité.Bien que l’opération américaine ait permis de déchoir un dictateur, elle a été menée en contrevenant aux règles du droit international et à la Charte des Nations unies, comme vous l’avez justement rappelé, monsieur le ministre.Désormais, Nicolás Maduro est en prison à New York et c’est sa vice-présidente, Delcy Rodríguez, qui assure l’intérim.Si des échanges ont eu lieu entre Donald Trump et María Corina Machado, opposante au régime en place, exilée et lauréate du prix Nobel de la paix en 2025, l’administration américaine semble privilégier une forme de continuité, en lien avec la vice-présidente, ce qui laisse penser à une forme de normalisation des relations entre les deux pays. Du moins, tant que la gouvernance vénézuélienne exécute la volonté du président des États-Unis !Cette situation est particulièrement inquiétante et pose des questions majeures, eu égard à la volonté affichée et assumée par les États-Unis de présider aux destinées du Venezuela. Outre la loi du plus fort, ce nouvel ordre mondial, qui semble se dessiner sous nos yeux, pourrait devenir la règle, empreint de brutalité, mêlant néocolonialisme et visées impérialistes. Il n’est pas acceptable : il ne doit ni ne peut s’imposer.Je préside le groupe d’amitié parlementaire France-Venezuela et je nourris de vives inquiétudes quant à la suite de ce qui pourrait se passer dans ce pays, comme ailleurs dans le monde, malheureusement, si la France se contente d’être simple commentatrice ou, pire encore, reléguée au rang de spectatrice.La France et l’Europe doivent être fortes pour relever les défis qui nous font face. Quelles actions sont décidées pour que notre pays appuie, avec l’Union européenne, une transition démocratique réelle au Venezuela, afin que le peuple décide enfin de son avenir et que le Venezuela retrouve sa pleine souveraineté ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).