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Discours du 15 juillet 2026

Stéphane Delautrette · Première session extraordinaire 2026 · séance n°14

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Ce 15 juillet 2026 marquera l’histoire de notre pays. Il consacrera une nouvelle fois notre devise républicaine dans la loi : une loi de liberté, celle de choisir sa fin vie quand il n’y a plus d’espoir ; une loi d’égalité qui ne laisse pas au bord du chemin celles et ceux qui n’ont pas la possibilité d’aller en Belgique ou en Suisse pour abréger leurs souffrances ; une loi de fraternité, qui ne laisse personne dans la douleur contre sa volonté.Il aura fallu plus de deux ans : plus de deux ans d’auditions, de débats – en commission, en séance, mais aussi en dehors du Parlement – pour conduire ce travail à son terme ; donc non, ce travail n’est pas précipité, et encore moins bâclé. Il aura fallu plus de deux ans pour aboutir, enfin, au texte que nous nous apprêtons à voter : un texte équilibré, fruit d’un compromis et d’un dialogue transpartisan, un texte qui répond aux attentes d’une très large majorité de Françaises et de Français.Je suis fier du travail que nous avons accompli avec mes corapporteurs et le rapporteur général ainsi qu’avec tous les parlementaires qui ont œuvré pour construire et défendre ce texte.L’émotion est forte, pour tous les députés qui se sont investis pour que ce travail parlementaire aboutisse, comme pour celles et ceux qui se battent depuis des années pour faire entendre la voix des patients – c’est bien de cela qu’il s’agit – et qui militent pour que ce droit soit enfin inscrit dans la loi. Je tiens à remercier toutes celles et ceux – associations, collectifs, parlementaires et élus de tous bords – qui ont mené ce combat ; certains d’entre eux sont d’ailleurs dans les tribunes du public, aux côtés d’Olivier Falorni, que je salue et remercie pour la sincérité et la pugnacité avec laquelle il a défendu ce texte. (Les députés des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS, Dem et GDR se tournent vers les tribunes et applaudissent. – Mme Frédérique Meunier applaudit également.) Je tiens également à remercier les administrateurs de l’Assemblée nationale sans qui ce travail n’aurait pu aboutir. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS, Dem et GDR.)Chers collègues, notre responsabilité est grande. Nous sommes à l’aube de consacrer un nouveau droit ô combien important, celui de permettre aux Françaises et Français de disposer librement de leur corps, et cela jusqu’à la fin de leur vie.À tous ceux qui cherchent encore, dans les ultimes instants de ce travail, à propager de fausses idées et à démonter le bien-fondé de cette loi à coups d’arguments fallacieux, je rappellerai autant de fois qu’il le faudra que ce texte n’impose pas, mais qu’il écoute. Il offre le choix d’être aidés à mourir à celles et ceux qui sont en fin de vie et qui n’en peuvent plus de souffrir. Il n’oblige pas les soignants, mais permet aux soignants volontaires d’accompagner ce dispositif. Cette loi que nous nous apprêtons à voter est une loi profondément humaine, qui entend que la souffrance est parfois inapaisable et que l’on veuille partir en conscience et selon son propre choix. Elle est une loi encadrée selon des critères stricts qui ne laisse place à aucune dérive possible.Chers collègues, cette loi est une des lois les plus importantes qu’il nous aura été donné de voter durant cette législature, et j’entends et je comprends que certains d’entre vous soient encore traversés par des doutes, mais nous devons être guidés par l’intérêt de celles et ceux que cette loi pourrait concerner.Dans les dernières minutes qui nous séparent de ce vote, permettez-moi d’avoir cette ultime réflexion : comment tolérer que les personnes qui vont bien opposent à celles pour lesquelles il n’y a plus d’espoir et qui n’en peuvent plus de souffrir, le refus de partir contrairement à leur propre choix ? Soyons à la hauteur de leurs attentes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR, LFI-NFP, EcoS et GDR. – Mme Frédérique Meunier applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).