Discours du 15 janvier 2025
Stéphane Vojetta · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°69
Les ados français passent en moyenne cinq heures par jour devant les écrans, dont deux rien que sur TikTok ; 67 % des élèves de primaire sont inscrits sur des réseaux sociaux, pourtant interdits aux moins de 13 ans.Malgré un arsenal législatif français et européen renforcé, les mineurs restent encore trop souvent exposés à des contenus inappropriés à leur âge ou encourageant des comportements à risque.De récents rapports, ainsi que des plaintes déposées par des familles, mettent en lumière les conséquences psychologiques dévastatrices dues à l’exposition excessive à ces plateformes : addiction, troubles de l’alimentation ou de l’attention, harcèlement, anxiété, voire incitation au suicide.Pendant ce temps, l’association e-Enfance, qui gère le 3018, numéro d’appel pour les jeunes victimes de harcèlement et de violences numériques, attend désespérément les 2 millions d’euros d’argent public qui lui permettront d’embaucher des répondants et d’éviter que deux tiers des enfants qui appellent pour demander de l’aide n’aient personne au bout du fil.La censure du gouvernement Barnier a hélas à nouveau empêché cette promesse d’être tenue.Pendant ce temps, la vérification de l’âge sur internet reste une chimère et il suffit toujours de cliquer sur un bouton pour avoir accès à de la pornographie 24 heures sur 24, à 7 ans comme à 77 ans.Pendant ce temps, réapparaissent les publicités des influenceurs pour la chirurgie esthétique, malgré l’interdiction posée par la loi Delaporte-Vojetta et malgré leurs effets psychologiques désastreux sur des filles toujours plus jeunes.Pendant ce temps, les outils de modération, de signalement ou de contrôle parental des plateformes numériques sont souvent inefficaces ou inoffensifs face à des algorithmes trop puissants.Pendant ce temps, enfin, le rapport du groupe d’experts sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans remis au président de la République le 30 avril croupit au fond d’un tiroir, le suivi de ses préconisations ayant été empêché par l’instabilité gouvernementale.J’aurais pu vous demander quelles actions concrètes votre gouvernement entend mener pour mieux protéger les mineurs des dangers que présentent les écrans pour leur santé mentale, mais je vais vous faciliter la tâche. Je préfère vous annoncer que mon collègue socialiste Arthur Delaporte et moi-même avons lancé les travaux préparatoires d’un nouveau texte transpartisan, qui viendra compléter les dispositions de la loi précitée et s’attachera également à combattre l’exposition excessive aux écrans. Ce deuxième texte bénéficiera-t-il lui aussi du soutien du gouvernement ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).