Discours du 16 janvier 2024
Stéphanie Yon-Courtin · Politique de concurrence – rapport annuel 2023 (A9-0427/2023 - Stéphanie Yon-Courtin) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, la guerre en Ukraine, la pandémie, les risques de délocalisation, l’inflation sont autant de domaines où notre politique de concurrence a joué un rôle déterminant pour protéger nos entreprises et nos ménages. Avec ce rapport, nous envoyons un message clair sur nos intentions, sur l’avenir de notre politique de concurrence et sur la politique industrielle que nous souhaitons. Nous pouvons désormais empêcher la concurrence déloyale des entreprises étrangères largement subventionnées. Nous pouvons maintenant lutter contre le monopole des GAFAM. C’est la fin de l’Europe naïve, désormais le monde nous regarde.
L’Europe n’est pas un supermarché où les 460 millions de citoyens seraient les produits. Je le dis ici à nos partenaires qui jouissent librement de notre marché unique, mais aussi aux entreprises qui ne joueraient pas selon les règles du jeu. La concurrence juste et loyale n’est pas un sacro-saint principe qui ne vaudrait que pour nos États membres. C’est une réalité qui s’applique à tous, y compris au reste du monde.
Face aux 350 milliards d’investissements américains, l’Europe doit elle aussi assumer le soutien à la réindustrialisation verte. La décision récente de la Commission européenne pour empêcher la délocalisation de Northvolt aux États-Unis est une bonne décision. Notre politique d’aides d’État doit s’aligner sur les objectifs politiques de l’Union européenne, le Pacte vert notamment, et empêcher une course aux subventions entre les États membres, ce qui suppose alors d’investir en européens.
Et enfin, en matière numérique, notre main ne tremblera pas malgré les pressions. Mais ne nous laissons pas bâillonner par les lobbys. Apple, Google, Amazon, TikTok, Meta, Microsoft sont aujourd’hui les six entreprises désignées qui doivent se conformer aux obligations du DMA d’ici le 6 mars. Nous osons le dire et mieux, nous y veillerons.
Pour finir avec l’acte sur l’intelligence artificielle, l’Union européenne est le premier continent à le réglementer. Peu d’attention a pourtant été accordée à la menace de concentration du marché aux mains des «big tech». Ne reconstituons pas des GAFAM de l’intelligence artificielle, étendons le champ d’application du DMA à l’IA, surveillons les accords passés entre les géants du numérique et les start-ups de l’IA. Chers collègues, pour conclure, comme le disait Jacques Delors, pour que l’Union européenne fonctionne, il faut la compétition qui stimule, la solidarité qui unit et la coopération qui renforce.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.