Discours du 6 janvier 2026
Sylvie Ferrer · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°102
À la sortie de la crise du covid, les ventes de véhicules aux particuliers ont chuté de 20 %. Pour ce qui est de la production, la part de la France en Europe a été réduite de 12 points entre 2000 et 2020. Le secteur est fragilisé par deux décennies de délocalisation vers les pays à bas coûts.Nous perdons notre tissu productif, mais le pendant de la délocalisation devrait logiquement être, sur le marché intérieur, des prix plus abordables pour les consommateurs, notamment pour les classes les moins favorisées. Or une étude de l’Institut Mobilités en transition publiée dans Le Monde en mai 2025 réfute ce présupposé : le prix moyen des voitures neuves s’est renchéri de 24 % en quatre ans. Voilà comment le mythe selon lequel la délocalisation rendrait les prix plus accessibles devient aussi un leurre.Luca de Meo, ancien directeur général de Renault, a affirmé en mai 2025 que cette augmentation des prix était attribuable pour 92,5 % à la réglementation – celle qui pousse à produire des véhicules plus propres dans le souci de préserver notre environnement. Dorénavant, à la remorque d’une demande des constructeurs, un seul leitmotiv semble prospérer : le report de l’interdiction de la vente des véhicules thermiques neufs.L’étude que je viens de citer montre pourtant que cette augmentation de 24 % des prix des véhicules neufs est due pour un quart à l’inflation des coûts des matières premières et des coûts du travail, pour un quart à l’électrification et aux technologies hybrides, pour moitié au choix des constructeurs de monter en gamme, autrement dit à leur volonté de grossir leurs marges d’exploitation.À l’arrivée, les petites voitures neuves d’entrée de gamme ne sont pas mises en avant et sont de moins en moins abordables. En raison de la hausse des prix, les classes populaires et moyennes ne peuvent renouveler leurs automobiles. C’est ainsi que, selon cette même étude, leurs achats ne représentaient plus que 31 % du marché en 2024 contre 43 % en 2019. De surcroît, l’âge moyen de l’acheteur d’une voiture neuve atteint désormais 55 ans.Face au constat que l’augmentation du prix des véhicules n’est pas due à la réglementation mais aux choix commerciaux des constructeurs et au fait que la bifurcation du secteur automobile constitue un enjeu industriel clé dans le contexte du dérèglement climatique, comment comptez-vous faire pour que les constructeurs automobiles s’engagent à investir dans une production locale de véhicules d’entrée de gamme légers et écologiquement vertueux ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).