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Discours du 25 juin 2026

Sylvie Ferrer · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°284

Je rebondis sur les propos de mes collègues. Vous êtes terrorisés, aux prises avec un fantasme de submersion migratoire, laquelle n’existe absolument pas. La proportion de personnes en situation irrégulière dans notre pays est infime, si l’on se fonde sur le nombre de personnes bénéficiant de l’aide médicale de l’État. Vous avez combattu l’AME, pour la supprimer, alors qu’il s’agit d’un dispositif très important pour protéger la population française sur le plan sanitaire. Le gouvernement espagnol, après avoir supprimé l’aide médicale de l’État, l’a rétablie en 2018, parce que c’était une fausse bonne idée.

Cette suppression a coûté plus cher à la collectivité et a eu des effets désastreux sur le plan humain.Les étrangers en situation irrégulière ne représentent que 0,68 % de la population totale, ce qui montre que votre peur des immigrés est de l’ordre du fantasme. Vous n’avez pas trouvé autre chose de plus utile à faire. D’autres textes auraient été nettement plus profitables à la population – notamment à la population rurale, puisque vous défendez la ruralité. Alors que nos concitoyens connaissent aujourd’hui des situations difficiles du point de vue des mobilités, notamment ferroviaires, vous défendez un texte qui concerne 0,68 % de la population. Vous empêchez les personnes de se marier. C’est scandaleux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)

Je voudrais rappeler que, dans notre pays, le nombre de mariages blancs contractés dans le seul but d’une régularisation est extrêmement faible. Selon le collectif Les Amoureux au ban public, ce sont moins de 400 mariages qui ont été annulés parce qu’ils étaient blancs ou gris, soit à peine 0,5 % des unions mixtes. Quant aux condamnations pour mariage blanc, elles représentent une dose homéopathique : une trentaine par an, soit 0,01 % du total des mariages.En quoi ce texte concourt-il à l’intérêt général ? J’adresse ma question aux députés de l’extrême droite, qui semblent avoir revêtu leur cape d’invisibilité. (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) À moins que ce ne soit la honte qui les ait poussés à sortir de l’hémicycle.Permettez-moi, messieurs et mesdames de l’extrême droite, de vous donner quelques pistes d’intérêt général : vous auriez pu prendre en compte les inégalités dans l’accès aux soins que subissent les femmes, et plus spécifiquement celles qui vivent en milieu rural. D’après un rapport sénatorial intitulé « Femmes et ruralités : en finir avec les zones blanches de l’égalité », que vous auriez pu lire, le nombre de maternités a été divisé par trois en quarante ans dans notre pays. Les femmes ont plus difficilement accès aux centres de santé, aux médecins spécialistes, notamment aux gynécologues.Il y aurait eu là matière à agir dans l’intérêt général, plutôt que de pourrir la vie de personnes qui s’aiment et veulent se marier. Comme l’a rappelé ma collègue Sarah Legrain, avant de vous occuper de la politique nataliste, avec l’un de vos textes prochains inscrits à l’ordre du jour, occupez-vous de la santé des femmes. (« Bravo ! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).