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Discours du 21 janvier 2025

Thani Mohamed Soilihi · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°75

Je vous prie d’excuser l’absence du ministre de l’Europe et des affaires étrangères.La France salue l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza dont la signature a été rendue possible grâce aux efforts de médiation des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte. Nous appelons les parties à mettre en œuvre sans délai cet accord qui doit permettre la libération de tous les otages encore détenus à Gaza. À cet égard, la libération des trois premiers otages israéliens est source d’espoir. De même, nous espérons retrouver rapidement et en bonne santé Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, nos deux compatriotes toujours retenus par le Hamas. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)L’accord doit aussi mettre fin aux souffrances injustifiables des populations civiles à Gaza, confrontées à la faim, à l’absence d’aide humanitaire et d’accès aux soins. Face à l’urgence humanitaire absolue, tous les accès doivent être ouverts sans délai, le travail des organisations internationales et des agences humanitaires doit être facilité par Israël conformément au droit international. Nous réitérons notre soutien à l’action essentielle de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’Unrwa.Au-delà de la réponse d’urgence, il conviendra de débuter la reconstruction de Gaza et d’aller vers une paix durable et une solution politique. L’avenir de Gaza doit s’inscrire dans celui d’un futur État palestinien. Avec ses partenaires, la France œuvre à préparer le jour d’après et le retour de l’autorité palestinienne dans l’enclave de Gaza. Il est temps de retrouver le chemin du dialogue pour se diriger enfin vers une solution à deux États, seule à même de garantir une paix juste et durable aux Israéliens et aux Palestiniens.Cette vision doit être réaffirmée face aux velléités d’annexion de certains responsables israéliens au moment où s’accélère la politique de colonisation. Comme l’a annoncé le président de la République, c’est dans cet objectif qu’en juin prochain la France coprésidera avec l’Arabie saoudite une conférence internationale en soutien à la solution à deux États. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Les États-Unis sont nos plus anciens alliés. Nous partageons des valeurs, des intérêts et une histoire communs. La France est engagée aux côtés de ses partenaires européens et des États-Unis au sein de l’Otan pour la préservation de la paix et de la sécurité dans la zone euro-atlantique. Le président de la République a déjà travaillé plusieurs années avec le président Trump. Au lendemain de l’investiture, nous sommes prêts à travailler avec cette nouvelle administration et à défendre nos intérêts. (M. Raphaël Arnault s’exclame.)Dans ce contexte, l’Europe a un grand rôle à jouer : nous sommes le plus grand marché économique du monde et nous sommes une puissance militaire avec laquelle personne n’a intérêt à entrer en conflit. La configuration géopolitique actuelle est une chance pour l’Europe de s’affirmer comme la puissance stratégique qu’elle est. Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères a d’ailleurs appelé la Commission européenne à se saisir vigoureusement des outils dont elle dispose et à renforcer sa législation, par exemple sur les questions numériques. Nous serons extrêmement fermes sur le sujet. Nous pourrons nous appuyer sur nos partenaires allemands ainsi que sur toutes celles et ceux qui sont convaincus, comme nous, du rôle et des valeurs de l’Europe dans un monde fragmenté.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet dans ma réponse à la question portant sur les relations entre les États-Unis et l’Europe.Je le répète, les États-Unis sont notre plus ancien allié. Nous partageons des valeurs, des intérêts et une histoire. Vous m’interrogez plus précisément à propos de X et des écarts commis par Elon Musk sur ce réseau.

Jusqu’ici, Elon Musk agissait en tant que citoyen. Désormais il fait partie du gouvernement américain. Vous l’avez dit, l’Europe s’est dotée de moyens pour répondre à ces attaques d’une nouvelle génération. Le moment venu, l’Europe, avec en tête la France, apportera les réponses adéquates face aux excès – si excès il y a – d’un tel comportement.

Les États-Unis sont notre plus ancien allié. L’amitié franco-américaine est vieille de plus de deux siècles. Le président de la République a déjà travaillé avec l’administration Trump.

Nous savons donc à qui nous avons affaire et comment nous faire entendre et défendre nos intérêts avec vigilance et détermination.La France demeurera engagée aux côtés de ses partenaires européens et des États-Unis au sein de l’Otan en vue de préserver la paix et la sécurité dans la zone euro-atlantique.S’agissant de la défense, nous continuerons de miser sur l’Europe de la défense et le soutien à nos entreprises européennes pour affirmer notre indépendance stratégique dans le domaine de l’armement. Nous défendrons pied à pied l’agenda de Versailles adopté par les membres de l’Union européenne en 2022.Plus largement, concernant les prises de position américaines en matière de multilatéralisme, la France, fidèle à ses valeurs et à ses engagements, continuera de défendre avec ferveur la nécessité de traiter les enjeux environnementaux et de santé mondiale et, plus généralement, de respecter les droits humains et le droit international. Notre place au Conseil de sécurité fait peser sur nous une responsabilité particulière à cet égard.

La France soutient un programme de renforcement de la souveraineté européenne essentiel pour défendre ensemble nos intérêts dans un contexte marqué par le retour de la force.Depuis 2017, grâce à l’impulsion donnée par le président de la République lors de son discours de la Sorbonne, l’Europe s’est dotée d’instruments pour lutter contre les pressions commerciales, développer son industrie de défense et mener de front les transitions numérique et environnementale.

Vous avez raison de dire, madame la députée, que le couple franco-allemand reste incontournable pour faire avancer l’Europe. Ainsi, mercredi, le président de la République recevra le chancelier allemand pour préparer avec lui le Conseil européen informel du 3 février. Avec nos partenaires allemands, nous avons la volonté de développer notre politique industrielle, de provoquer un choc de compétitivité et de renforcer notre défense. Ce moteur franco-allemand n’exclut pas d’autres axes de travail. Nous collaborons par exemple avec la Pologne dans le cadre du Triangle de Weimar.Nous avons les outils pour agir. Il faut maintenant que l’Europe les emploie et s’affirme comme la puissance stratégique qu’elle est. Ni les frontières de l’Europe ni l’intégrité de nos processus électoraux ne sont négociables. La dynamique franco-allemande va continuer à se renforcer et les députés prennent toute leur part à ce processus grâce à l’Assemblée parlementaire franco-allemande.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).