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Discours du 2 avril 2025

Thani Mohamed Soilihi · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°157

Nous pouvons partir d’un constat assez partagé : l’océan n’a jamais été aussi menacé. La dégradation des écosystèmes marins, les pollutions, dont la pollution plastique, l’acidification, le réchauffement climatique, la pêche illégale, l’exploitation des ressources minérales, gazières et fossiles, voilà autant de pressions sur l’océan.Par son histoire, sa géographie et ses engagements internationaux, la France joue un rôle de premier plan sur la scène multilatérale en faveur de la préservation de l’océan. En amont du sommet des Nations unies sur les océans que nous accueillerons à Nice du 9 au 13 juin, notre pays a intensifié ses efforts pour promouvoir la gouvernance durable des espaces maritimes, la préservation de la biodiversité marine et la lutte contre la pollution plastique.Je pense au One Ocean Summit qui s’est tenu à Brest – ville qui vous est chère, monsieur le député Cadalen, ainsi qu’à M. Didier Le Gac – en février 2022 et qui a marqué un tournant dans notre engagement collectif pour la protection des océans. Ce sommet a réuni des chefs d’État, des scientifiques, des représentants de la société civile, des élus et des acteurs économiques autour d’une ambition commune : préserver les richesses de l’océan et garantir sa durabilité pour les générations futures.La prise de conscience allant croissant, les engagements furent au rendez-vous. Une coalition de la haute ambition pour le traité sur la biodiversité en haute mer, déterminante pour l’adoption de l’accord dit BBNJ sur la biodiversité en haute mer, a vu le jour. Le label « Green Marine Europe », réunissant les principaux armateurs pour agir contre le réchauffement climatique, a été créé. L’Union européenne s’est engagée à se doter d’un jumeau numérique de l’océan rassemblant les données existantes afin de le cartographier.Je pense aussi à l’accord se rapportant à la Convention des Nations unies relative au droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable des zones marines ne relevant pas des juridictions nationales, plus communément appelé accord BBNJ. Il s’agit d’une véritable victoire diplomatique, la France ayant été parmi les premiers pays à signer cet accord, dès septembre 2023 au siège des Nations unies à New York. Le Parlement en a autorisé la ratification à la fin de l’année dernière.La proposition de résolution visant à créer un institut Océan de l’Université des Nations unies en France présentée aujourd’hui s’inscrit dans la droite ligne des engagements qu’a pris la France et de l’agenda qu’elle a défendu lors du One Ocean Summit.Le gouvernement français est mobilisé sur ces enjeux, à l’aube de la troisième conférence des Nations unies sur l’océan, plus grande conférence internationale relative à l’océan, que nous co-organisons avec le Costa Rica et qui se tiendra à Nice en juin prochain.La science et l’éducation à l’océan seront au cœur de l’Unoc ; la protection de l’océan ne pourra se faire sans une coopération scientifique internationale renforcée ni sans l’engagement d’étudiants et de citoyens formés et sensibilisés à ces enjeux. L’Unoc sera ainsi l’occasion de valoriser les avancées et données scientifiques, en particulier dans le cadre du One Ocean Science Congress, qui précédera la conférence.Ce congrès réunira les meilleurs experts mondiaux pour partager les dernières avancées scientifiques et définir les priorités de recherche pour les années à venir. Les États seront informés des conclusions des scientifiques la veille de l’ouverture de la conférence, à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan qui aura lieu le 8 juin. D’autres résultats scientifiques seront mis à l’honneur, et seront par ailleurs entérinés la transformation de la société Mercator Ocean en organisation internationale ainsi que le soutien renforcé à la plateforme Ipos – International Platform for Ocean Sustainability, Plateforme internationale pour la durabilité de l’océan –, qui est une interface entre science et politique susceptible d’accompagner les États souhaitant accomplir leurs objectifs de protection de l’océan.Nous accueillons favorablement tout projet consistant à protéger l’océan et à renforcer la présence d’organisations internationales en France. Si le gouvernement, dans le contexte budgétaire actuel, ne peut donner une suite favorable à cette proposition de résolution, l’État entend continuer à travailler avec l’Université des Nations unies et les collectivités locales associées pour parvenir à une offre consolidée, dans le prolongement de la troisième conférence des Nations unies sur l’océan. Nous continuerons à étudier la possibilité d’installer un institut Océan de l’Université des Nations unies en France, car nous sommes convaincus qu’il est pertinent d’éclairer les décideurs politiques à l’aide de la meilleure connaissance scientifique disponible sur l’état de santé de l’océan.Un dernier mot, mesdames et messieurs les députés : parmi les priorités de l’Unoc figure l’entrée en vigueur du BBNJ, que j’évoquais en introduction. Je salue à cet égard l’engagement de la députée Eléonore Caroit (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR),…

…qui s’acquitte d’une mission déterminante pour faire avancer la ratification de cet accord au sein des différents États parties. Son travail, ainsi que l’implication de nombreux parlementaires de tous bords, nous rapproche des soixante ratifications nécessaires à l’entrée en vigueur de l’accord d’ici à juin prochain.

J’y prends moi-même toute ma part lors des entretiens bilatéraux que je peux mener.La protection de l’océan est une responsabilité collective ; c’est pourquoi je vous appelle à vous mobiliser, à vous engager et à utiliser vos réseaux. Évoquez cette grande conférence internationale qu’est l’Unoc, évoquez l’enjeu de la ratification du BBNJ ; et surtout, évoquez l’enjeu qui nous concerne tous, celui qui a trait à la protection et à la pérennité de nos océans. Votre soutien est crucial pour que la France continue d’œuvrer et de rayonner en la matière. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Philippe Gosselin et Mme Dominique Voynet applaudissent également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).