Discours du 4 mars 2025
Thierry Liger · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°115
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Depuis les années 1970, de nombreux pays ont subi un processus de désindustrialisation lent et continu – tertiarisation de l’économie, délocalisations massives, faible compétitivité des coûts salariaux. Ce phénomène a progressivement entraîné une perte de savoir-faire, de compétences techniques et une réduction massive du nombre d’emplois. La part de l’industrie dans le PIB a chuté entre 1995 et 2017, passant de 17 à 11 %. En 2001, Serge Tchuruk prônait l’entreprise sans usine ; nous constatons aujourd’hui ce qu’est devenu le groupe Alcatel.En 2020, la crise sanitaire a provoqué un électrochoc collectif : nous nous sommes rendu compte de la fragilité du tissu industriel français. Un fort niveau de dépendance et des défauts d’approvisionnement ont engendré une perte de souveraineté industrielle dans des secteurs stratégiques comme les composants électroniques, les matériaux rares ou l’industrie pharmaceutique. La réindustrialisation est donc un sujet clé si nous voulons redonner à notre pays son autonomie et sa souveraineté industrielles. C’est un axe majeur de la politique économique qui doit relever de nouveaux défis – renforcement de la compétitivité, investissement dans des secteurs et des technologies d’avenir, établissement d’un cadre favorable à l’installation de nouvelles entreprises.Pourtant, la réduction de 25 % des crédits budgétaires alloués au plan France relance pour 2025 est un signal qui pourrait avoir plusieurs conséquences notables : retard dans les projets d’innovation et frein à la croissance des PME et ETI – ETI qui nous font tant défaut aujourd’hui.Il est bien entendu urgent d’agir sur la réduction des dépenses publiques mais l’innovation et l’entreprise sont la base de tout : sans entreprise, pas de cotisations de sécurité sociale, pas d’emplois, pas de recettes fiscales. La diminution des crédits pourrait affecter la croissance et l’emploi, et il est donc essentiel de surveiller l’évolution de ces coupes budgétaires et leurs conséquences sur les projets en cours et à venir.Monsieur le ministre, n’est-il pas contre-productif que l’effort de redressement des finances publiques soit aussi synonyme de frein à l’innovation pour l’entreprise ? De quels leviers dispose la France pour entreprendre la réindustrialisation ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).