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Discours du 1 octobre 2026

Thomas Ménagé · Session ordinaire 2026-2027 · séance n°2

Notre ligne tient en une phrase : protéger les femmes, protéger les enfants, protéger toutes les victimes – et punir leurs agresseurs.Après le meurtre de Lyhanna, Marine Le Pen avait interpellé le gouvernement sur les défaillances de l’État et de la justice face aux prédateurs sexuels. En commission spéciale, nous avons donc assumé une position constructive à l’égard de ce texte. Les députés du Rassemblement national ont voté en faveur de 75 % de ses dispositions : lutte contre le viol et contre l’inceste, contre la pédocriminalité, contre les violences sexuelles en ligne et pour la protection des mineurs – à tout cela, bien entendu, nous avons dit oui.Nous voulons que ce texte aboutisse, qu’il soit plus fort et plus efficace : c’est le sens de nos amendements. Nous avons ainsi proposé des lieux neutres pour la remise des enfants dans les couples séparés. Quand les tensions sont fortes et qu’il existe un risque de violence, la mère ne doit plus avoir à croiser son ex-conjoint sur le pas de sa porte. Nous avons proposé un schéma départemental des logements d’urgence pour les victimes de violences, avec au moins un logement mobilisable dans chaque commune de plus de 5 000 habitants. Pour ce qui est des agresseurs, nous avons proposé, par exemple, la fin des réductions de peine.Mais puisqu’on nous parle tant de texte « transpartisan », permettez-moi deux remarques.La première s’adresse à la gauche et à l’extrême gauche. Chers collègues, personne ne détient ici de brevet de vertu.

En 1977, une pétition publiée dans Le Monde et Libération prenait la défense d’hommes poursuivis pour pédophilie.

Parmi les signataires figuraient d’éminentes figures de la gauche : Jack Lang ou encore Bernard Kouchner. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Plus près de nous, chacun se souvient de votre collègue Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales, ou encore du célèbre Dominique Strauss-Kahn – tous de gauche.

Je ne me permettrai jamais de dire que ces affaires engagent la responsabilité de tout un camp. Elles devraient cependant vous obliger à un peu plus d’humilité – et vous inviter à ne plus vous arroger le monopole de la défense des femmes et des enfants.Je tiens en effet à rappeler que c’est grâce au Rassemblement national et à notre rapporteur Emmanuel Taché que nous avons créé une aide universelle pour les femmes victimes de violences conjugales.

La seconde remarque s’adresse au bloc central, notamment à ceux qui, à droite, ont cosigné ce texte. Soit l’article 62. (« Ah ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Un étranger en situation irrégulière dépose plainte pour violences sexuelles. Dès cet instant et pendant le temps de l’enquête et du procès, plus aucune OQTF ne peut être prononcée contre lui.

Pendant toutes ces années, l’accès au titre de séjour lui est ouvert. Une plainte suffit – pas un jugement, pas une condamnation, mais une simple plainte, par exemple une plainte contre X. Après un classement sans suite ou une relaxe, il suffira de déposer plainte à nouveau afin d’être définitivement inexpulsable.Les associations gauchistes et immigrationnistes l’ont bien compris.

Elles fabriqueront un nouveau récit, comme elles ont l’habitude de le faire, et leur conseil tiendra en une phrase : « Déposez plainte, et vous êtes certain de pouvoir rester ici. » (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Ce n’est plus une protection : l’adoption du texte, avec cet article, ouvrirait une nouvelle filière d’immigration !

Oui, il faut protéger les femmes, toutes les femmes. N’oublions cependant pas le coût de votre laxisme migratoire, qui a coûté la vie à Lola ou encore à Philippine – que vous oubliez totalement dans ce texte.

L’article 62 était là dès le premier jour. Or qui a signé la proposition de loi ? Vous, Gabriel Attal, vous, Michel Barnier, soutien de Bruno Retailleau, ou encore plusieurs députés d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe. On ne peut pas, à quelques mois de l’élection présidentielle, tenir sur tous les plateaux de télévision un discours de fermeté sur l’immigration et signer ici, à l’Assemblée, pour une nouvelle filière d’immigration. On ne peut pas – surtout quand on sait que, selon le ministère de l’intérieur, 61 % des personnes mises en cause pour violences sexuelles dans les transports en commun, en 2025, étaient étrangères.

Le texte qui a été déposé ne comprend pas une disposition pour éloigner les étrangers auteurs de violences sexuelles graves – pas une ! Pour nous, il s’agit d’une ligne rouge. Nous proposons tout l’inverse : l’interdiction du territoire pour tout étranger condamné pour ces faits.Surtout, l’examen de cette proposition de loi doit nous conduire à nous interroger sur les moyens. Pour Lyhanna, ce n’est pas la loi qui était en défaut. Cet échec s’explique par le manque de moyens. Notre justice a besoin de magistrats, de greffiers, d’enquêteurs…

…et de places de prison.Protéger, enfin, ce n’est pas seulement punir, c’est aussi prévenir. Prévenir, c’est repérer tôt, pour agir avant le drame ; c’est protéger nos enfants sur les écrans, là où rôdent les prédateurs ; c’est former ceux qui recueillent la parole des victimes – enseignants, médecins, forces de l’ordre ; c’est accompagner les élus locaux, souvent seuls en première ligne. La certitude de la peine est cependant la première des préventions – la certitude qu’on sera jugé, qu’on sera condamné et que la peine sera exécutée. Nous avons déposé en ce sens un amendement rétablissant les peines planchers pour les agresseurs sexuels – voilà ce qui dissuade !Telle est notre position. Lors des travaux de la commission spéciale, le Rassemblement national a voté trois articles sur quatre. Nous soutenons l’essentiel de ce texte et nous voulons maintenant en corriger les angles morts. Protéger les femmes, protéger les enfants, protéger toutes les victimes et punir réellement les prédateurs : c’est cela – cela seul – qui doit nous rassembler. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Elle a parlé de Quatennens ?

Madame la rapporteure générale, nous voterons bien entendu en faveur de votre amendement. Toutefois, vous faites dire à ma collègue Blanc des choses qu’elle n’a pas dites. Nous sommes tous d’accord ici pour constater que l’immense majorité des victimes de violences au sein du couple ou de la famille sont des femmes ou des enfants. Mon groupe partage ce constat.Nous rappelons simplement qu’il existe aussi des couples d’hommes homosexuels, ainsi que des hommes violentés par leur femme. J’en ai reçu dans ma permanence, et ils se sentent parfois comme une minorité un peu oubliée. Encore une fois, nous ne nions pas que l’immense majorité des victimes soient des femmes et qu’il faille les protéger. Mais il faut protéger toutes les victimes et une minorité d’entre elles, des hommes, des homosexuels, sont humiliés quand ils vous entendent. La protection doit être universelle et ces hommes-là ne sont pas des victimes moins importantes ou secondaires.Arrêtez de dire n’importe quoi ! Nous voulons que le texte aboutisse et c’est une femme, une avocate engagée sur ces questions, qui vous l’a indiqué. Ayez une vision globale et ne commencez pas à politiser le texte (Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP)…

…et à salir ces hommes, qui existent et sont laissés dans un angle mort par la proposition de loi ! Dire cela n’empêche pas de considérer que les femmes, à qui nous pensons cet après-midi, constituent le cœur du sujet. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Ce n’est pas l’anarchie ! Il y a une procédure : suivons-la !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).