Discours du 18 septembre 2024
Valérie Hayer · Les inondations dévastatrices en Europe centrale et orientale, les pertes de vies humaines et la préparation de l'Union pour agir face à de telles catastrophes amplifiées par le changement climatique (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, Pologne, Roumanie, République tchèque, Autriche, Slovaquie, Hongrie. Des foyers privés d'électricité, des autoroutes coupées, des barrages qui cèdent, des Européens touchés par centaines de milliers par la tempête Boris. Avant toute chose, je veux avoir une pensée pour toutes les victimes et tous les sinistrés.
Mes chers collègues, la tempête Boris n'est pas due au hasard, mais bien au dérèglement climatique. Ses conséquences désastreuses sont le miroir grossissant de notre impréparation à ces phénomènes. C'est pourquoi je vais être très claire: la lutte contre le dérèglement climatique est à ce jour le défi prioritaire que nous avons à affronter. Ces intempéries confirment une chose: aucun recul n'est permis sur notre ambition climatique. Parce que le climat n'a pas d'agenda caché et parce que la solution, chers collègues, passe aussi par l'ambition européenne. Plus l'Europe coopère, plus la réponse aux crises est efficace.
Alors, nous devons mettre en œuvre tous les moyens disponibles pour venir en aide aux populations touchées. Nous disposons déjà d'instruments décisifs pour le faire, Monsieur le Commissaire. Je pense au mécanisme européen de protection civile, pour renforcer la coopération entre pays face aux catastrophes sans frontières; c'est ce mécanisme qui vient d'être activé au Portugal pour faire face aux incendies de forêt et qui a permis au pays de recevoir l'aide d'avions espagnols, italiens, grecs, français. Je pense aussi aux satellites Copernicus, pour faciliter les actions de terrain. Tous ces mécanismes, nous devons les renforcer.
Alors oui, venons en aide, oui, reconstruisons. Mais alors que l'Europe doit engager un choc d'investissement sans précédent, nous devons aussi lancer un grand plan d'adaptabilité pour le climat. Ce plan, Monsieur le Commissaire, vous l'avez rappelé, Ursula von der Leyen l'avait promis avant l'été. Or, nous avons bien lu les lettres de mission des futurs commissaires qui ont été présentées hier et clairement, en l'état, le compte n'y est pas. Avec mon groupe, nous exigeons que ce plan d'adaptation climatique ne soit pas une coquille vide ni une simple coordination des plans nationaux.
Il faut identifier les infrastructures à risques, les territoires à risque pour savoir où investir en priorité. Ensuite, investir dans la solidité de nos ports, de nos barrages, de nos centrales pour éviter les catastrophes comme celle du barrage polonais de Paczków. C'est aussi le système financier européen qui doit être adapté et les tests de résistance climatique généralisés. C'est toute la résilience climatique de nos infrastructures qui est ici en jeu, rien de moins. Alors assurons-nous que l'Europe tienne le choc. Assurons-nous que l'Europe soit prête.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.