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Discours du 8 octobre 2024

Valérie Hayer · Préparation du Conseil européen des 17 et 18 octobre 2024 (débat)

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Ministre, chers collègues, Vladimir Poutine prévoit d'augmenter de 30 % le budget militaire de la Russie. C'était 70 % l'année dernière. Nous l'avons proclamé: «we stand by Ukraine», mais aujourd'hui, il y a urgence. Alors qu'à l'est du continent, la Russie continue de grignoter son territoire, le peuple ukrainien compte résolument sur notre soutien. Un soutien qui doit être à la hauteur de l'enjeu géopolitique. Alors, oui à la poursuite de la livraison d'armes, oui à un nouveau plan d'assistance macrofinancière, oui à la montée en puissance d'une Europe capable de défendre ses intérêts, oui à la mobilisation des revenus des avoirs russes gelés pour aider à la reconstruction de l'Ukraine.

Toutefois, notre voix européenne, notre action, chers collègues, ne doit en aucun cas s'arrêter à nos frontières. Il y a un an, le peuple israélien était la cible d'attentats d'une barbarie sans nom, menés par le Hamas, faisant près de 1 200 morts et 250 otages. Je veux avoir une pensée fraternelle à leur égard et pour leurs proches. Mes chers collègues, depuis des mois, les combats font rage au Moyen-Orient et notre Europe est bien trop inaudible face au risque d'une déflagration régionale. La voix de la diplomatie, une fois de plus, est assourdie par le bruit des bombes. Pour contribuer à l'effort de paix, l'Europe doit mobiliser tous les leviers diplomatiques à sa disposition. Il y a urgence à la désescalade immédiate, urgence à ce que cessent les attaques massives contre Israël, à l'instar de celles de l'Iran que nous condamnons fermement, urgence à mettre fin au conflit qui ravage tant de familles à Gaza, urgence à répondre à la dramatique situation humanitaire au Liban, urgence au cessez-le-feu et des efforts redoublés en faveur de la solution à deux États.

Nos priorités sont claires: libération inconditionnelle des otages, aide humanitaire massive et cessez-le-feu pour qu'enfin se taisent les armes. Ces conflits, chers collègues, ont des conséquences sur notre Europe. Pourquoi? Parce que ces conflits sur la scène mondiale, on le sait, conduisent à d'irrépressibles mouvements de populations. Or, la réponse au défi migratoire, nous la connaissons tous et nous l'avons votée ici, dans cet hémicycle. Cette réponse, c'est le pacte sur la migration et l'asile, et notre priorité absolue doit être de le mettre en œuvre et en aucun cas de tomber dans la surenchère sur les questions migratoires, car Schengen est notre bien commun et à ce titre, c'est en Européens que nous serons les plus efficaces. Alors, retroussons-nous les manches!

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.