Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 25 novembre 2024

Valérie Hayer · Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (débat)

Monsieur le Président: «La honte, ce n’est pas à nous de l’avoir.» Voilà les mots de Gisèle Pelicot à l’ouverture du procès dit «des 51». Des mots que nous devons faire entendre à autant de gens que possible.

Pendant vingt ans, Dominique Pelicot a drogué son épouse pour la livrer inconsciente à des dizaines d’hommes, qui, avec lui, lui ont fait subir des viols d’une barbarie innommable. Ces 51 accusés sont pompiers, élus locaux, chauffeurs de bus, infirmiers. Ce procès, c’est le procès de la banalité du mal. Car, à Avignon, ces accusés sont insérés, ils sont pères de famille, ils sont M. Tout-le-monde.

Aujourd’hui, Gisèle Pelicot est entrée dans l’histoire: la femme qui a bombé le torse pour que la honte change de camp. Dans ce procès, à Avignon, défilent les concepts les plus abjects à la barre: le viol par curiosité, le viol par fatigue, le viol par politesse, ou encore, pour citer un accusé: «Ce n’est pas un viol parce que je l’ai bien vécu.» Rappelons-le: le consentement doit être libre, éclairé, enthousiaste et rétractable. Et quand le «oui» ne répond pas à ces critères, alors c’est non! La moitié des Européennes subissent un jour des violences domestiques. Dans mon pays, la France, un homme sur cinq pense qu’une femme peut prendre du plaisir à être forcée.

Aujourd’hui, je pense aussi à Dorota Lalik, morte d’une septicémie après qu’un gouvernement d’extrême droite l’eut forcée à attendre la mort de son bébé dans son ventre – parce que, sous son règne, on ne pouvait plus avorter en Pologne. Je pense à Giulia Cecchettin, retrouvée morte au fond d’un ravin, assassinée par son ancien compagnon. Un féminicide barbare, comme il y en a encore dans toute l’Europe. Je pense à nos mères, nos grands-mères, nos sœurs, nos compagnes, nos filles. À celles qui n’osent pas porter plainte, à celles dont le procès est classé sans suite faute de preuves, à celles qui tombent sous les coups. À elles toutes.

Alors, chers collègues, la définition européenne du viol doit inclure le consentement, le droit à l’IVG doit être inscrit dans la charte européenne des droits fondamentaux, et chaque génération, l’une après l’autre, doit être formée au consentement. Ce combat n’est pas un combat entre les sexes: c’est un combat de société, tous genres confondus, contre cette culture du viol.

Alors mobilisons-nous, jusqu’à ce que cesse l’horreur de ces violences!

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.