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Discours du 27 novembre 2024

Valérie Hayer · Présentation du collège des commissaires et de leur programme par la présidente élue de la Commission (débat)

Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Commission, chers collègues, ça n'aura pas été une mince affaire, ça n'aura pas été facile tous les jours, mais on y est arrivés. On sort d'un moment intense de conviction, de négociation, de responsabilité.

D'abord, je voudrais saluer tous les candidats commissaires. Si votre collège est approuvé aujourd'hui, on travaillera ensemble, main dans la main, pour l'avenir de l'Europe. Je voudrais aussi avoir un mot particulier pour nos cinq candidats Renew: Stéphane, Kaja, Marta, Hadja, Michael. Vous avez fait un sans faute! Et dans votre équipe, Madame la Présidente, Renew Europe, deuxième force politique du collège, sera moteur de l'Europe. Mais il y en a qui ne seront pas moteur de l'Europe, Madame la Présidente, et vous le savez très bien. Parmi eux, il y a le Fidesz.

Je rappelle qu'en 2020 Viktor Orban prônait les vaccins russes et qu'il intimide tous les jours les femmes qui veulent avorter. Alors nos collègues en commission parlementaire ont été intransigeants. Merci, Madame la Présidente, de les avoir écoutés, en retirant du portefeuille du commissaire Fidesz les droits sexuels et reproductifs et l'ensemble de la direction générale HERA. Voilà le travail du Parlement européen. Et ce travail paie.

Le sérieux paie, parce que, disons-le clairement, je crois que l'on fait tous la même analyse sur la manière dont les auditions se sont passées. Franchement, est-ce que c'est ça l'image qu'on veut renvoyer du Parlement européen? Une guerre commerciale nous pend au nez et, pendant ce temps, on passe des jours à se parler d'ordre de passage. C'était censé être un sujet technique et non un combat politique.

Vladimir Poutine mène une guerre barbare à nos portes, multiplie les ingérences ici, en Europe, sur notre sol. Pendant ce temps, parce qu'un populiste peut fragiliser son premier ministre en Slovénie, nous perdons des jours dans le processus d'audition, ici, au Parlement européen. Et je ne cite pas, évidemment, un autre débat national, que l'on a tous en tête, et qui a vampirisé le processus de ces auditions.

Chers collègues, ça ne marche pas, parce que, dans ces auditions, la vraie question, en réalité, est: est-ce que le commissaire à l'énergie va nous proposer un mix qui garantisse notre indépendance énergétique? La vraie question est: est-ce que le commissaire à la défense va soutenir, oui ou non, l'industrie européenne? La vraie question est: est-ce que chacun de vos commissaires, Madame la Présidente, sera en mesure d'assurer la vraie simplification qu'attendent nos PME, nos agriculteurs et nos citoyens?

C'est cela le cœur des auditions; c'est pour cela qu'on a créé ce processus; c'est pour cela qu'elles sont importantes. À la lumière des dernières semaines, chers collègues, nous devons clairement réviser la façon dont cela se passe: depuis les nominations jusqu'aux évaluations, sur la parité, sur la rapidité de la procédure – cela fait bientôt un an que l'on n'a plus un seul texte sur la table du Parlement européen – et sur la manière dont on s'assure que les jeux nationaux et les jeux des groupes ne parasitent plus les auditions.

Chers collègues, dans une heure, nous allons voter sur le collège. La question est maintenant: comment travailler ensemble pour les cinq prochaines années? Car nous le voyons aujourd'hui, il y a deux majorités possibles dans ce Parlement européen.

Nous avons, d'un côté, la majorité «Venezuela». Celle-là, il faut le dire clairement, elle va faire beaucoup de mal aux démocrates qui la font exister, parce qu'elle est contre l'Europe et surtout parce qu'elle est contre-nature. Elle est tellement contre-nature que les textes, à la fin, notamment sur le budget – on l'a vu – tombent quand même. En face, nous avons la seule majorité qui vaille, la seule possible: c'est celle qui a fait le plan de relance, celle qui a fait le pacte vert, c'est aussi celle qui a fait Schengen et qui a fait l'euro par le passé. C'est la majorité centrale, celle des pro-européens.

Cher Manfred, chère Iratxe, c'est cette majorité centrale que nous avons formalisée la semaine dernière dans l'accord que nous avons passé. Merci beaucoup pour le travail commun. Et c'est sur elle, Madame la Présidente, que vous devrez vous appuyer, même si – vous le savez parfaitement –, sur la question des vice-présidents exécutifs, nous ne sommes pas d'accord avec tous vos choix. Parce que cette coalition, c'est la seule qui soutient l'Ukraine, qui soutient l'état de droit; la seule qui soutient le pouvoir d'achat, l'environnement, la liberté; la seule qui porte un programme positif pour l'Europe.

Je voudrais avoir un mot pour Bas et Terry: je sais votre engagement et nous aurons l'occasion de fortifier ensemble le chemin pro-européen de ce Parlement européen. Car cette majorité, évidemment, est ouverte à tous ceux qui veulent la rejoindre sur cette base.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.