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Discours du 18 décembre 2024

Valérie Hayer · Préparation du Conseil européen des 19 et 20 décembre 2024 (débat)

Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente von der Leyen, chers collègues, ce sommet européen sera le sommet d’un idéal qu’on sait attaqué: la liberté. Aujourd’hui, je veux vous parler des peuples syrien, ukrainien, géorgien et moldave. Il est de notre devoir moral autant que de notre intérêt stratégique de les soutenir dans leur combat pour leur liberté.

Tout d’abord, la Syrie. Oui, en Syrie, la chute de Bachar el-Assad est un immense élan d’espoir pour la liberté des Syriens. J’appelle de mes vœux une transition qui respecte toutes les minorités, les droits de tous, mais aussi de toutes. Depuis la chute de Bachar el-Assad, certains États ont d’ores et déjà commencé à revoir leur politique d’asile. Mais regardons les choses en face! À Damas, la paix et la sécurité ne sont pas encore de retour. Qui peut dire ici qu’aujourd’hui les Syriens sont en sécurité dans leur pays? Personne.

Ensuite, l’Ukraine. L’Ukraine compte sur nos munitions, elle compte sur nous pour former ses soldats. À l’heure où ses infrastructures énergétiques sont prises pour cible, aidons‑la aussi à tenir l’hiver et ne tolérons aucun angle mort dans nos sanctions. Ces failles sont inadmissibles. Soldats nord-coréens, soldats yéménites, menaces sur nos démocraties: ce conflit prend une dimension internationale. Alors, le plus vite possible, l’Ukraine doit retrouver une paix juste et durable, avec des garanties de sécurité solides et selon ses propres termes.

Enfin, la Géorgie. Les Géorgiens manifestent depuis des semaines au son de l’hymne européen. Nous venons d’accueillir la présidente Zourabichvili, il y a une heure, dans cet hémicycle. Elle représente la dernière institution encore indépendante du pays, et le groupe Renew Europe se tient pleinement à ses côtés. Son peuple fait preuve d’un courage extraordinaire. Face à la répression, ils sont des milliers à résister en manifestant pacifiquement. Ils ne se laissent pas voler leur élection. Ils ne tolèrent ni les fraudes ni les ingérences, et ils ont raison. À travers tout le pays, quand le nouveau gouvernement veut bloquer leur envie d’Europe, ils se lèvent, unis face à un prétendu Rêve géorgien, qui est en réalité leur pire cauchemar, et qui sert non pas la Géorgie mais le Kremlin.

Que les choses soient claires: dans tous les pays que je viens d’évoquer, il y a un point commun: Vladimir Poutine – du soutien à el-Assad jusqu’aux frontières de l’Ukraine, de Tbilissi à Chișinău et jusqu’à nos États membres, qui aujourd’hui sont la cible des ingérences étrangères. Il n’y a qu’à regarder ce qu’il s’est passé en Roumanie…

Chers collègues, ce sommet doit tracer la voie de l’unité des Européens: sur l’élargissement, sur la Syrie et, plus que jamais, sur l’Ukraine. Si l’Europe ne défend pas la démocratie, personne d’autre ne le fera pour nous.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.