Discours du 21 janvier 2025
Valérie Hayer · Conséquences géopolitiques et économiques de la nouvelle administration Trump sur les relations transatlantiques (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, depuis quelques heures, les États-Unis ont un nouveau président. Nous connaissons tous son passif et son style. Alors, disons-nous les choses: oui, les États-Unis sont et resteront un partenaire.
Mais un partenariat, ça va dans les deux sens. Et le syndrome du petit frère, c’en est assez. Écoutons le discours du président Trump hier: retrait de l’accord de Paris, retrait de l’OMS… Pas un mot sur l’Europe, pas un mot sur l’OTAN, pas un mot sur l’Ukraine. Pour Trump, c’est repli national, «America first» pur et dur. Alors que nous, Européens, savons que la seule méthode qui vaille, c’est le multilatéralisme, que nous allons évidemment continuer à défendre.
Mais ne nous y trompons pas, Donald Trump ne cache pas son agressivité commerciale. La guerre commerciale, nous n’y avons évidemment aucun intérêt, mais les Américains non plus. Les entreprises américaines, elles, ont besoin de notre marché. Alors, est-ce que Donald Trump va aller expliquer aux entreprises américaines qu’elles ne pourront plus accéder à notre marché aux mêmes conditions parce qu’il aura mis des droits de douane sur les produits européens? Bien sûr que non! Bien sûr que non. Nous devons jouer le rapport de force. Nous non plus, ne soyons pas faibles.
Le deuxième défi, c’est le défi géopolitique, celui de l’Europe souveraine, puissante, influente. C’est le soutien à l’Ukraine, impératif, et dans notre intérêt à tous, y compris dans l’intérêt des États-Unis. C’est aussi notre sécurité et notre unité. Au Groenland comme ailleurs, le territoire de nos États membres n’est pas à vendre. Là encore, assumons notre souveraineté.
Enfin, le dernier défi, chers collègues, c’est le défi démocratique. On l’a vu, Elon Musk détient avec X un algorithme surpuissant, un algorithme qui influence nos débats publics. Je veux dire un mot de la liberté d’expression. Je vais être très claire: le sujet, ce n’est pas l’opinion politique d’Elon Musk. Le sujet, c’est que la liberté d’expression, ce n’est pas permettre aux uns de déverser tranquillement leur haine des autres. Parce que dans ce cas, c’est la loi de la jungle. C’est réduire tous les autres au silence: les modérés, les minorités, la très grande majorité des gens qui, eux, a respectent les autres. Que devient a elle alors, leur liberté à eux? Avec Renew Europe, nous exigeons de la Commission qu’elle applique les sanctions qui s’imposeront à X.
À quoi ça sert, Monsieur le Commissaire – je vous le demande –, de voter des lois ici, dans ce Parlement, si la Commission ne veille pas à leur application? Nous devons aussi défendre notre état de droit et nos valeurs. Musk, Trump et tous leurs partisans, y compris en Europe, ont un programme idéologique. Ils veulent saper nos démocraties. C’est donc aussi un combat politique et idéologique que nous devons mener.
Voilà, chers collègues, le triple défi auxquel nous faisons face. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes une majorité à vouloir agir. Alors il faut y aller dès maintenant.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.