Discours du 22 janvier 2025
Valérie Hayer · Conclusions du Conseil européen du 19 décembre 2024 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente, Monsieur le Président Costa – bienvenue dans cet hémicycle. Vous verrez qu’on y discute toujours en toute franchise. Vous verrez aussi que vous y trouverez de profonds alliés, parce qu’on sait que vous n’aurez pas la tâche facile, dans les prochains mois, pour mettre les États d’accord. Mais souvent, très souvent, vous aurez le Parlement européen à vos côtés pour pousser les États membres à davantage d’ambition, notamment sur la question de la défense. Vous l’avez évoqué, vous rassemblerez très bientôt les dirigeants autour de cette question. C’est une initiative très importante, que je salue –, à l’heure où l’Europe peine à être audible dans ce nouveau contexte géopolitique devenu, on le sait, imprévisible, il est temps de s’affirmer et de parler d’une voix unie sur les affaires du monde.
Je voudrais d’abord vous parler d’Ukraine: Nord-Coréens, Cubains, Ghanéens, Sri-Lankais, Indiens, Syriens, Népalais, voilà quelques-unes des nationalités parmi les troupes russes aujourd’hui en Ukraine. La Russie fait le choix d’internationaliser son conflit barbare. Alors la priorité de mon groupe, Renew, c’est la victoire du peuple ukrainien. La victoire comme cheminement vers une paix juste et durable. Une paix qui doit être obtenue pour les Ukrainiens, avec les Ukrainiens et aux conditions des Ukrainiens.
Monsieur le Président, continuons de soutenir l’Ukraine et je vous le demande, travaillez sur les sanctions. On a un vrai problème avec leur mise en œuvre. Elles sont encore contournées. Il faut pourtant qu’elles s’appliquent pleinement: contre les responsables de cette guerre, contre la flotte fantôme russe, contre les pays tiers complices de la Russie.
Puis il y a le Moyen-Orient. Notre appel à la paix y a toujours été clair. Il est d’ailleurs encore d’actualité, parce que l’accord sur le cessez-le-feu et la libération des otages est indispensable. Mais, et les derniers jours nous l’ont montré, cet accord est fragile. Le cessez-le-feu à Gaza doit être appliqué sans violation et il doit durer. Les otages, tous les otages, doivent être libérés. L’aide humanitaire doit être acheminée sans aucune entrave. À terme, nous savons que seule une solution à deux États offrira une paix durable à la région. Une paix que les habitants, partout, appellent à cor et à cri.
Je veux enfin avoir un mot pour le peuple géorgien. Là-bas, la démocratie est attaquée au grand jour par les soutiens de Poutine. À Tbilissi et ailleurs, les manifestants prennent les rues depuis des semaines, des mois, après qu’on leur a volé leur élection. Malgré les répressions, chaque semaine un peu plus violentes, ils chantent notre hymne européen, ils brandissent notre cercle étoilé. Parmi eux se trouve Salomé Zourabichvili, au courage extraordinaire, à qui je veux rendre hommage ici. Nous n’oublions pas les Géorgiens, nous les entendons et nous resterons à leurs côtés.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.