Discours du 22 janvier 2025
Valérie Hayer · Présentation du programme d’activités de la présidence polonaise (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur le Premier Ministre, alors moi, je rentre de Pologne. Je suis allée à Varsovie la semaine dernière avec les membres de mon groupe. Et ce qu’on a constaté sur le terrain, c’est que, effectivement, Monsieur le Premier Ministre, c'est que, chaque jour, avec votre coalition, qui comprend des membres de Renew, vous êtes mobilisés pour restaurer l’état de droit, qui a été détricoté pendant des années par vos prédécesseurs. Nous savons combien c'est chose difficile et nous serons à vos côtés pour, jour après jour, restaurer cet état de droit, qui a été piétiné par le PiS.
Vous le savez aussi – j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire –, au sein de cet hémicycle, chez les pro-européens, même si nous avons évidemment des divergences de vues, il y a énormément d’attentes vis-à-vis de votre présidence, Monsieur le Premier Ministre. Parce que, oui, vous avez ramené la Pologne en Europe, et que, pour le mandat qui s’ouvre, tout est à faire. Si le Parlement est en ordre de marche, nos attentes envers les États sont, elles, immenses.
Monsieur le Premier Ministre, nous vivons, vous le savez, des temps instables. Alors, une question sur notre leadership mondial: est-ce qu’on veut continuer à courir après la voiture ou est-ce qu’on se décide enfin à la conduire? Pour ce faire, dans les six mois qui arrivent, vous devez réussir le pari de notre sécurité, dont vous avez fait une priorité.
Le pari de notre sécurité économique d’abord, face à des concurrents du monde entier qui rivalisent d’attractivité et qui piétinent les règles commerciales.
Le pari de notre sécurité physique et militaire, pour qu’enfin nous sachions nous défendre par nous-mêmes, en Européens.
Le pari de notre sécurité énergétique, au moment où nous sortons des énergies fossiles russes. Je voudrais d'ailleurs vous dire, Monsieur le Premier Ministre, que nous n’aurons pas d’avenir si nous mettons à bas le pacte vert. Le pacte vert, c’est la clé de notre indépendance énergétique. Le pacte vert, c’est la clé de notre souveraineté. Le pacte vert, c’est la clé de notre avenir, de celui de nos enfants et de leurs enfants à eux. Alors, oui à la simplification, à la simplification réelle, concrète, qui facilite la vie de nos entreprises, pour leur permettre de gagner en compétitivité. Oui au pragmatisme, mais non à la remise en cause de nos objectifs climatiques.
Le défi de notre sécurité politique, enfin: celle de nos démocraties, à l’ère où prospère l’extrême droite, à l’ère de la désinformation et des ingérences hybrides. Ces déstabilisations, nous devons y répondre. Et, parmi elles, vous l’avez évoqué, il y a l’instrumentalisation migratoire. Oui, Monsieur le Premier Ministre, nous avons entendu, et oui, face à elle, face à cette instrumentalisation migratoire, nous vous aiderons. Mais je tiens à rappeler une chose: la priorité des priorités dans ce domaine, c’est la mise en œuvre du nouveau pacte sur la migration et l’asile, et je regrette que vous ne l’ayez pas soutenu.
Alors, oui, l’Europe sera à vos côtés, mais, si nous voulons y arriver définitivement, nous devons travailler ensemble, y compris dans la mise en œuvre du pacte. Un seul mot: «efficacité», Monsieur le Premier Ministre. Liczymy na was!
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.