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Discours du 26 juin 2025

Véronique Besse · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°258

Depuis trop longtemps, la France a accepté de devenir le spectateur passif de l’instrumentalisation de ses propres lois. Aujourd’hui, elle tente de se réveiller et ce texte est l’un des premiers signes visibles de ce réveil salutaire. Car nous ne parlons pas ici de simples ajustements techniques mais de la capacité de la République à discerner entre l’acte sincère et le simulacre, entre l’engagement de deux êtres et la mise en scène d’une néo-stratégie migratoire.

Oui, il existe en France des mariages contractés non par amour, mais par intérêt ; non pour construire une famille, mais pour contourner la loi. (M. Rodrigo Arenas s’exclame.)C’est un fait. C’est une réalité. Pendant des années, les maires, les officiers d’état civil ont vu venir à eux des unions sans regards, sans passé, sans légitimité. Ils ont vu défiler des dossiers montés à la va-vite, des justificatifs suspects, des couples qui ne partageaient ni la langue ni le domicile. Et que leur a-t-on dit ? De valider pour ne pas faire de vagues.Ce texte vient briser la logique de renoncement. Il redonne à nos élus locaux la capacité d’agir, la capacité d’émettre un refus suivi d’effet. Ce n’est pas une mesure de restriction mais une mesure de fidélité : fidélité à l’institution du mariage et à sa signification profonde, fidélité à l’État de droit, fidélité à l’idée que la France est un pays qui peut accueillir, mais qui doit choisir. Le mariage n’est ni un guichet ni un instrument de régularisation. Il est un acte et une responsabilité. Ceux qui veulent épouser un Français, une Française, doivent d’abord respecter la France, ses lois, son ordre, sa souveraineté.Ce texte ne s’oppose pas à l’amour et à la liberté : il s’oppose à la fraude et protège la France. Derrière ce débat, ne nous y trompons pas, c’est un choix de société qui se dessine. Souhaitons-nous une France perméable, malléable, incapable de distinguer l’authentique du mensonge, ou préférons-nous une France lucide et juste, capable de dire qui elle est et ce qu’elle attend de ceux qui veulent la rejoindre ? Je fais le choix de cette France-là et je suis convaincue que la proposition de loi est un jalon sur ce chemin exigeant mais nécessaire.Car il ne s’agit pas ici d’un repli. Il s’agit d’une reconquête. Une reconquête du bon sens. Une reconquête de la souveraineté. Une reconquête de l’acte républicain et du respect de nos institutions.Au fond, ce texte est bien plus qu’un outil contre la fraude : il est un acte de confiance dans la France ; confiance dans sa capacité à tracer une ligne claire entre l’ouverture et la naïveté, entre l’accueil et l’abandon. C’est un texte qui assume, enfin, que la générosité ne peut pas justifier la passivité, et que la République, pour être respectée, doit commencer par se faire respecter.Alors oui, je le voterai avec conviction, parce qu’il ne s’agit pas d’un texte parmi d’autres, mais d’un texte de seuil, l’un de ceux où l’on cesse de détourner le regard, où l’on cesse de s’excuser d’exister, et où l’on affirme, avec calme, avec force, que la France n’est pas un territoire neutre, qu’elle est une nation. Or une nation, ça se protège, ça se respecte et ça se défend ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).