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Discours du 13 mai 2025

Véronique Louwagie · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°189

Je vous prie de bien vouloir excuser mon collègue, Marc Ferracci, ministre chargé de l’industrie et de l’énergie, qui ne peut être présent aujourd’hui.

Les annonces d’ArcelorMittal sont une mauvaise nouvelle pour les sites français. Comme vous, j’ai une pensée pour les ouvriers d’Arcelor qui sont inquiets, veulent retourner à l’usine et avoir un horizon clair. Nous le savons tous, la sidérurgie européenne traverse une crise majeure : elle est frappée de plein fouet par la concurrence internationale et la surcapacité mondiale.

Entre 2018 et 2023, la production européenne a chuté de 20 %. En 2024, la demande sur le marché européen était encore faible, ce qui a conduit à la décision d’ArcelorMittal, que l’on ne peut que regretter.

Aucun site français n’est menacé de fermeture après les annonces du groupe.

L’État attend désormais qu’ArcelorMittal précise sa stratégie à moyen terme en France et confirme ses projets d’investissement, en particulier pour le site de Dunkerque. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Nous ne pouvons pas empêcher l’entreprise d’améliorer sa compétitivité en réduisant le nombre de postes (« Oh ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR), mais nous devons exiger qu’en contrepartie elle présente sa vision de long terme afin de garantir la pérennité de sa présence en France.

Nous veillerons également à ce que le plan de sauvegarde de l’emploi s’accompagne d’un reclassement des salariés dans le bassin d’emploi. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)

Le gouvernement sera ferme et attentif à toutes les décisions du groupe, à ses investissements et aux attentes des salariés. (« Honteux ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

J’ai déjà répondu à une question similaire posée par votre collègue Manuel Bompard.

Je vous redirai donc que le gouvernement se tient au plus près des salariés. Il est attentif aux réponses et à la réalité des investissements d’ArcelorMittal.Reste que l’acier traverse une situation difficile au niveau mondial. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) C’est particulièrement vrai au niveau européen – vous ne pouvez le nier.Que ce soit pour l’acier ou pour d’autres produits, la défense de notre industrie passe par une action d’ampleur à l’échelle européenne. (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR.) C’est la raison pour laquelle, dès le 27 février, ont été réunis industriels, partenaires européens et représentants de la Commission européenne à Paris. Cette réunion s’est traduite dès le 19 mars par l’annonce d’une stratégie européenne de l’acier. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) C’est à l’échelle européenne que nous trouverons une solution.Vous évoquez une autre réponse possible : la nationalisation. Mais ArcelorMittal n’est pas à vendre. Au demeurant, l’objectif du gouvernement est de maintenir à bord des actionnaires privés et de leur permettre de travailler tout en conservant des exigences et une certaine fermeté.Ce n’est pas en nationalisant toutes les filières – et donc les pertes de celles qui traversent des turbulences – que nous résoudrons le problème. La nationalisation n’est pas une réponse aux difficultés de la sidérurgie européenne. La réponse passe par la protection de nos intérêts au niveau européen contre la surproduction chinoise.

C’est la raison pour laquelle nous devons agir au niveau européen. Nous serons aux côtés des salariés et nous veillerons à ce que toutes les opérations de reclassement à la charge de l’entreprise soient effectivement menées. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).