Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 26 mars 2026

Vincent Caure · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°182

Voilà plus de quatre ans que la guerre est de retour en Europe, et cette réalité nous impose une exigence claire : mieux préparer notre nation aux conflits du monde moderne. Car depuis la fin du service national, il y a plus de vingt ans, plusieurs générations ont grandi à distance des enjeux de défense, alors que notre environnement stratégique s’est considérablement durci ces dernières années. Preuve en sont les derniers conflits qui ont marqué l’actualité internationale : Ukraine, Proche-Orient, Iran et peut-être demain Taïwan, comme le laissent craindre les derniers développements sur les tensions en Asie. Ces guerres nous démontrent surtout que les conflits ont changé de visage : ils ne se limitent plus aux combats militaires avec le déploiement de troupes au sol, mais mobilisent également l’économie, l’énergie, l’information, la désinformation et le cyberespace, se jouant aussi donc dans les esprits à travers l’apprentissage de ces nouveaux paramètres et les stratégies d’influence.Dans un tel contexte, la défense ne peut plus être uniquement une affaire de moyens militaires. Elle devient une question de résilience nationale, de capacité d’absorption des chocs. Cette résilience suppose tout de même une population informée et lucide, c’est pourquoi la défense doit redevenir pleinement l’affaire de toutes et tous. Face à cette réalité, il est essentiel que les jeunes Français comprennent ces enjeux et aussi le rôle qu’eux-mêmes peuvent jouer demain au service de la défense de la nation et comme acteurs de celle-ci.Votre proposition de loi, monsieur le rapporteur, s’inscrit dans la continuité des travaux que vous avez menés en 2024 et apporte une réponse que nous pensons concrète et utile en introduisant l’esprit de défense au cœur du parcours de nos lycéens. Elle permettra d’aborder, au-delà de la seule dimension militaire, les grandes réalités contemporaines, sécurité intérieure et menaces hybrides par exemple, autant de sujets qui concernent directement nos concitoyens et qui structureront leur vie et les débats politiques des années à venir.Je salue l’adoption en commission de votre amendement qui intègre tous nos territoires ultramarins dans cet enseignement, car c’est un aspect essentiel. En effet, ils sont eux aussi en première ligne face aux nombreux risques qui ont été évoqués et que vous avez soulignés : je pense notamment aux risques climatiques et maritimes. Je salue aussi l’adoption en commission de l’amendement de notre collègue Bertrand Sorre, qui permettra d’associer les correspondants défense désignés par les conseils municipaux à cet enseignement. C’est en réalité tout un écosystème qui va émerger et se structurer pour lui donner corps dans nos lycées.Cette mémoire est essentielle – en tant que Normand, monsieur le rapporteur, vous le savez particulièrement. Mais elle est aujourd’hui à un tournant : les derniers témoins disparaissent – vous avez évoqué les Français qui ont débarqué le 6 juin 1944 – et nous avons une responsabilité, celle de transmettre le sens de l’engagement en rappelant que la paix est fragile et que nos valeurs doivent donc être défendues. C’est tout le sens de ce texte.En instaurant un enseignement obligatoire et structuré de défense dans le parcours citoyen des élèves du second degré, votre proposition de loi poursuit trois objectifs simples mais essentiels : offrir à chaque jeune la possibilité de comprendre les missions des armées, le sensibiliser aux enjeux de souveraineté de la nation et surtout renforcer le lien entre les armées et la nation. Ce texte, qui apporte un cadre clair et ouvre une porte à l’intervention d’acteurs extérieurs, notamment des réservistes et des spécialistes des enjeux de défense, constitue une réponse pragmatique et adaptée. C’est pourquoi le groupe Ensemble pour la République votera en faveur de cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).