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Discours du 20 juillet 2026

Vincent Descoeur · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21

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À vivre !

En première lecture, j’avais fait état de ma stupéfaction devant la motion de rejet de La France insoumise qui faisait déjà peu de cas d’un texte transpartisan, soutenu par l’Anem, une association pluraliste dont sont d’ailleurs membres plusieurs députés de votre groupe.

Vous n’êtes sans doute pas à une contradiction près. Cette nouvelle motion de rejet sur le texte issu de la CMP et les arguments que vous avancez pour la défendre sonnent comme une remise en cause de l’esprit de la montagne.

Cet esprit a pourtant toujours prévalu ici et, par le passé, il nous a permis de rassembler des députés sur tous les bancs de cet hémicycle – mais c’était avant que vous arriviez ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et EPR ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem et HOR.)La montagne mérite mieux que des attitudes politiciennes. Ne vous en déplaise, elle n’a pas vocation à devenir un conservatoire, mais aspire à se développer, à accueillir, en un mot : à vivre. (M. le rapporteur applaudit.)

Ce texte permettra de lever des freins qui l’empêchent de se développer. C’est la raison pour laquelle nous nous opposons bien évidemment à cette funeste motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Comme l’a fort justement fait remarquer notre collègue rapporteur, Jean-Pierre Vigier, dont je salue à mon tour la détermination et la pugnacité,…

…nous arrivons au terme d’un long cheminement – oserai-je dire que nous apercevons enfin le sommet ? Nous pouvons ainsi nous réjouir de la perspective de disposer d’un nouveau texte important pour la montagne, enrichi en commission, tant à l’Assemblée qu’au Sénat, et dont la version issue de la CMP, qui a fait l’objet d’un large consensus, donnera, à n’en pas douter, satisfaction aux élus de montagne et aux montagnards.En France, la montagne représente un quart du territoire et 7 millions d’habitants répartis dans six massifs, quarante-sept départements et un peu plus de 6 000 communes. Elle est surtout un territoire d’exception qui fait partie du patrimoine de tous les Français, ceux qui y résident comme ceux qui aiment la retrouver en hiver lorsqu’elle est enneigée ou en été pour l’arpenter en profitant d’une climatisation naturelle. La spécificité de ce territoire a été reconnue à deux reprises, par les lois « montagne » de janvier 1985 et décembre 2016. Ces deux textes importants ont consacré le droit à la différenciation pour les territoires de montagne comme pour leurs collectivités locales, ainsi que la nécessité de l’adaptation des politiques publiques à la spécificité de chacun des massifs.Je tiens, une nouvelle fois, à remercier Jean-Pierre Vigier, qui préside l’Association nationale des élus de la montagne, à laquelle nous devons l’initiative parlementaire qui atteint son but aujourd’hui. L’Anem est une association pluraliste et transpartisane fédérant, au-delà des clivages politiques, les élus qui militent pour la reconnaissance des spécificités de la montagne et qui, comme beaucoup ici, dont M. le ministre, sont convaincus que les territoires de montagne sont une chance et non une charge pour notre pays.Le texte a pour objectif, en vertu du droit à la différence, d’adapter les politiques publiques à la spécificité des territoires de montagne. Il peut s’agir de l’accès à l’école publique ou aux soins comme de l’eau, que l’on parle de l’accès à la ressource ou de sa gestion dans le respect des usages multiples rappelés dans le texte.Un autre de ses sujets d’importance est l’urbanisme et, plus précisément, la sécurisation du droit de construire ou de rénover dans la continuité des zones bâties. Il ne s’agit pas, contrairement à ce que j’ai pu entendre, de s’affranchir des règles d’urbanisme, mais de préciser la notion d’urbanisation en continuité sur laquelle reposent les autorisations de construire ou de rénover. Si les objectifs en la matière de la première loi « montagne » étaient de prévenir le mitage, de limiter la consommation excessive de foncier et d’éviter les surcoûts pour les équipements et les réseaux, le principe d’urbanisation en continuité fait l’objet de divergences d’appréciation selon les territoires et les services instructeurs. L’adoption du texte permettrait de mettre un terme à cette situation qui pénalise les communes rurales situées dans les différents massifs.En cet instant, en qualité d’élu du Cantal, je tiens à rappeler que la montagne n’a pas vocation à être un conservatoire. Elle aspire à se développer et à accueillir de nouvelles populations – en un mot, à vivre. Or ce texte, cher Jean-Pierre, va permettre de lever certains freins à son développement. C’est la raison pour laquelle le groupe de la Droite républicaine le soutiendra évidemment, pour le plus grand bénéfice de la montagne, de celles et ceux qui y résident, de celles et ceux qui y entreprennent et de celles et ceux, nombreux, qui les rejoindront. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. le rapporteur et M. Xavier Roseren applaudissent également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).