Discours du 28 avril 2026
Vincent Jeanbrun · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°211
Merci pour votre question, qui concerne un enjeu national majeur. Vous avez raison, l’avenir du quartier d’affaires de La Défense concerne tout notre pays : c’est le premier quartier d’affaires européen, le quatrième au monde.Comme vous l’avez justement souligné, La Défense connaît un taux de vacance important, mais cette situation touche la plupart des quartiers d’affaires mondiaux, frappés par les nouveaux usages. La période post-covid a profondément transformé le monde du travail et renforcé le télétravail, ce qui pose de nombreux défis.Je me réjouis que les gouvernements successifs se soient saisis de ce sujet et aient lancé plusieurs missions et rapports, parmi lesquels celui de M. Bédier, présenté au premier ministre. Ce rapport est ambitieux : il propose de diversifier les activités pour que La Défense ne soit plus seulement un quartier d’affaires, mais qu’il devienne un quartier de loisirs, de culture, un quartier événementiel. Ces pistes sont intéressantes et doivent désormais être partagées avec l’ensemble des parties prenantes.Le président du département, M. Georges Siffredi – avec qui j’ai pu en discuter –, est pleinement mobilisé. Nous avons également rencontré les élus locaux ; j’ai échangé récemment avec M. Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, afin de réfléchir ensemble à la transformation et à la pérennisation du quartier.Vous l’avez rappelé, l’OIN finançait jusqu’ici son fonctionnement grâce à la vente de charges d’aménagement. Or le quartier est désormais largement structuré ; nous arrivons au bout de sa capacité d’aménagement et de création de nouveaux mètres carrés de bureaux. Nous devons donc changer de modèle, sans quoi l’opérateur principal qui gère le quartier pourrait se retrouver en difficulté financière.Il est encore un peu tôt pour vous présenter la solution définitive, mais je peux vous assurer que le gouvernement est pleinement mobilisé aux côtés des acteurs locaux pour pérenniser ce joyau national qu’est La Défense.
Je vous prie de bien vouloir excuser mon collègue Serge Papin, qui m’a transmis des éléments de réponse.Vous avez raison, l’hôtellerie-restauration et les commerces de proximité sont des secteurs économiques essentiels ; ce sont souvent les poumons de nos territoires ruraux. Avec plus de 200 millions d’euros de retombées économiques par an, la Creuse s’impose comme une destination de choix, portée par une tendance de fond, le développement du slow tourism et du tourisme nature, qui attirent des touristes français mais aussi étrangers – 30 % des nuitées dans les campings creusois y sont réalisées par des touristes étrangers.Cette dynamique ne doit pas masquer les difficultés que vous avez rappelées. Le ministre Papin a conscience que le contexte actuel met à l’épreuve la pérennité de nombreuses entreprises. C’est pourquoi le gouvernement souhaite accompagner les entreprises les plus fragilisées, notamment face à la hausse des coûts de l’énergie et des carburants. Plusieurs aides ont été annoncées récemment, notamment pour les gros rouleurs ou pour les traiteurs.Vous avez évoqué le poids des factures d’électricité. La France dispose d’une électricité parmi les plus compétitives d’Europe, et nous veillons à ce que nos artisans et commerçants en bénéficient.La fermeture d’un café, d’un bistrot ou d’un hôtel est dévastatrice pour un centre-bourg. Nous en sommes pleinement conscients. Le gouvernement a engagé plusieurs actions pour lutter contre ces fermetures. C’est le cas du plan de revitalisation des commerces de centre-ville, piloté conjointement par mon ministère et par celui de M. Papin, qui vise à donner aux maires des outils rapidement mobilisables : soutien aux foncières, financement de managers de commerce, taxe sur les friches commerciales.Nous travaillons également à un plan dédié à la transmission des entreprises du secteur. Chaque année, des hôtels et des restaurants ferment non parce qu’ils ne sont pas viables, mais faute de repreneurs. Nous voulons lever ces freins, simplifier les démarches, mobiliser les financements adaptés et accompagner cédants et repreneurs.Parce qu’un bistrot qui ouvre, c’est un territoire qui vit, je suis convaincu que ces mesures soutiendront efficacement l’hôtellerie-restauration en Creuse et partout en France.
Vous pouvez compter sur moi ; je partage votre analyse. Il faut également simplifier les normes qui pèsent sur les bistrots, en zone rurale comme en ville. Ainsi, les règles liées aux licences III ou IV sont complexes. Nous devons redonner de l’oxygène aux entrepreneurs courageux qui reprennent ces activités.
Merci de votre question, madame la questeure ; vous voudrez bien m’excuser si je me contente de lire la réponse que souhaitait vous faire le ministre de l’économie.« Madame la députée, vous attirez l’attention du gouvernement sur les inquiétudes de la société Weishaupt SAS, implantée à Colmar, quant à l’entrée en vigueur au 1er septembre 2026 du décret conditionnant la bonification des aides CEE à l’achat de pompes à chaleur produites en France ou dans l’Espace économique européen.« La mesure de préférence européenne répond à un impératif clair : soutenir la filière industrielle des pompes à chaleur face à une concurrence extraeuropéenne, notamment asiatique, qui pèse sur nos acteurs domestiques. Elle s’inscrit dans la dynamique de l’Industrial Accelerator Act européen, que le gouvernement soutient pleinement.« Sur la question d’une extension du périmètre à la Suisse :La réponse doit être franche : ouvrir le dispositif à la Suisse imposerait, pour des raisons de cohérence juridique, de l’ouvrir également au Royaume-Uni, où est implantée à l’heure actuelle l’usine Mitsubishi qui exporte massivement vers la France. Nous risquerions alors de vider la mesure de sa substance et de compromettre l’objectif même qu’elle poursuit.« Sur la qualité des produits :Le critère géographique retenu – le triple E – garantit une conformité dans un cadre normatif européen commun. Certains acteurs font valoir que des produits fabriqués dans d’autres pays n’atteignent pas le même niveau d’exigence : c’est précisément ce cadre partagé qui permet d’objectiver et d’homogénéiser ces standards.« Sur l’état d’avancement de la procédure :Les textes sont repassés devant le Conseil supérieur de l’énergie le 16 avril dernier. Il n’est plus possible d’apporter des modifications substantielles pour septembre 2026.Pour autant, ce débat n’est pas clos. Ces textes relevant du domaine réglementaire, il sera possible, après évaluation des effets de la mesure, de reconsidérer certains paramètres à l’horizon 2027.« Enfin, s’agissant des salariés :Le plan d’électrification du gouvernement, qui vise 1 million de pompes à chaleur air-eau installées par an, va générer un besoin considérable en compétences commerciales sur l’ensemble du territoire – offrant des perspectives réelles aux professionnels du secteur.« Madame la députée, nous vous assurons que le gouvernement demeurera très attentif à la situation des entreprises industrielles historiquement implantées sur notre territoire, telles que Weishaupt. »
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).