Discours du 11 février 2026
Vincent Thiébaut · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°145
Je serai bref car beaucoup de choses ont été dites, qu’il n’est pas nécessaire de répéter. En effet, plus personne ne sait qui fait quoi. Ne trouvez-vous pas, dans la crise démocratique que nous traversons, qu’il est un peu suicidaire d’inviter nos concitoyens à élire des collectivités sans qu’ils sachent précisément quelles sont leurs compétences ?Mon collègue Mickaël Cosson et moi-même conduisons actuellement une mission consacrée à la territorialisation des politiques de transition écologique et énergétique. L’État a engagé un mouvement important de décentralisation, et c’est une bonne chose. Mais nous observons qu’il se comporte désormais comme un manager qui, après avoir délégué, cherche à reprendre la main : tout en affirmant respecter l’autonomie des collectivités, il les encadre de plus en plus étroitement par la norme et le règlement.Vous avez longuement évoqué, à juste titre, l’innovation territoriale. En effet, les élus locaux sont conscients des enjeux et ils agissent. Pourtant, ils n’y arrivent pas, tant la norme et le règlement les contraignent. C’est là un problème majeur. Ne faudrait-il pas déconcentrer le pouvoir réglementaire, comme l’avait proposé Jean-Louis Borloo, afin de redonner la main aux collectivités ?L’une des difficultés que nous rencontrons tient au fait que les politiques publiques sont trop souvent guidées par des obligations de moyens plutôt que par des objectifs de résultats. Si nous voulons obtenir des résultats, l’État – qui demande qu’on lui fasse confiance – doit à son tour faire confiance aux collectivités et leur donner plus de latitude.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).