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Discours du 29 avril 2026

Vincent Trébuchet · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°214

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Lorsque 43 % des étudiants déclarent avoir connu une situation de détresse psychologique en 2021 et que la part des jeunes souffrant de dépression a doublé entre 2017 et 2021, nous ne sommes plus face à un simple malaise passager : nous faisons face à une crise profonde de la jeunesse française. Le gouvernement nous répondra qu’il a agi. Or la question n’est pas de savoir si l’État a produit des textes, mais de savoir pourquoi, après tant de textes, nos jeunes vont toujours plus mal. Depuis 2017, votre majorité a trop souvent traité la jeunesse comme un public à administrer plutôt que comme une génération dont il faut comprendre, accompagner et protéger le dynamisme propre.Le covid l’a révélé avec une brutalité particulière. Vous avez demandé aux plus jeunes de renoncer à l’école, au sport, aux amitiés, aux rites de passages – à tout ce qui structure une enfance et une adolescence. Puis vous les avez renvoyés, comme s’il ne s’était rien passé, aux mêmes procédures froides, aux mêmes écrans, aux mêmes systèmes impersonnels. S’il fallait retenir un symbole de cette gestion déshumanisée de la jeunesse, ce serait assurément la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants de 2018. Parcoursup a installé une angoisse nouvelle pour les jeunes. Un pays qui laisse croire que l’avenir se joue via un écran et sur la base d’un algorithme fabrique mécaniquement de la frustration et de l’angoisse.On pourrait multiplier les exemples de dispositifs insuffisants ou qui ont manqué leur cible : les lois sur la majorité et la régulation de l’espace numérique, arrivées seulement en 2023 et 2024 – trop tard pour toute une génération ayant grandi dans la comparaison permanente, l’exposition à la violence, à la pornographie, aux contenus addictifs ; la loi sur le harcèlement scolaire de 2022, encore très insuffisante, car une victime n’a pas seulement besoin d’une définition juridique de ce qu’elle vit, mais d’être protégée immédiatement, que ses alertes soient tracées et que les sanctions tombent ; enfin, la création en 2021 du pass’sport, très loin de toucher les 5,8 millions d’enfants qui en auraient besoin.Le macronisme s’est révélé impuissant à redonner du sens à la jeunesse, pour une raison bien simple : en plus de sa propre froideur administrative, il a fait sien le logiciel idéologique et sociétal de la gauche. Car la souffrance de la jeunesse ne vient pas seulement d’un défaut de prévention ou de prise en charge, mais d’abord d’un climat culturel anxiogène. Depuis des décennies, chers collègues de gauche, vous avez affaibli les repères qui permettent à un jeune de se construire.Quand une députée revendique un droit à la paresse, elle ne lance pas seulement une formule provocatrice, elle installe une idée délétère : l’effort serait suspect.

Mais comment aider une génération anxieuse si vous lui retirez le goût de l’effort, c’est-à-dire la capacité à surmonter l’obstacle ?

Même chose à l’école. Sous couvert de nouvelles pédagogies, vous avez délégitimé l’autorité du professeur, affaibli l’objectivité du savoir et remplacé la transmission par l’animation, l’exigence par le laxisme. C’est ce culte de la déresponsabilisation qui laisse les petits tyrans harceler leurs camarades.

De plus, vous avez fragilisé les solidarités naturelles – la famille, les racines, l’histoire nationale, la filiation –, tout ce qui donne à un enfant le sentiment d’appartenir à plus grand que lui a été déconstruit et moqué. Or un jeune sans héritage, sans continuité, sans récit commun, est forcément confronté à l’angoisse. Angoisse qui est devenue votre fonds de commerce en matière environnementale. Vous avez choisi de répéter à des adolescents que leur avenir était condamné, que produire, se déplacer, consommer ou fonder une famille seraient des fautes morales, les laissant seuls dans leur dépression écoanxieuse.Enfin, vous avez importé dans l’adolescence des débats identitaires d’une extrême violence psychique.

Sur la dysphorie de genre, une vaste étude finlandaise portant sur plus de 2 000 jeunes orientés vers des services spécialisés montre que les besoins psychiatriques de ceux ayant connu une transition médicale ne diminuaient pas, passant de 9,8 % à 60,7 % dans les parcours de transition féminine et de 21,6 % à 54,5 % dans les parcours de transition masculine. À quand un examen lucide de nos propres politiques publiques en la matière ?Pour conclure, la jeunesse française a trop souffert d’être le terrain d’expérimentation de vos combats déconstructivistes. Si la prévention et la prise en charge de court terme sont indispensables – et notre attente en la matière est très forte, madame la ministre –, la santé mentale des jeunes Français ne s’améliorera que si on leur redonne un cadre, une confiance et un avenir. C’est ce cap que nous entendons tracer à I’UDR.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).